Une économie basée sur la fraternité

Baar: 50 politiciennes et politiciens de différents partis réunis au Centre des Focolari

Beatrix Ledergerber-Baumer / Traduction: Bernard Bovigny

Baar, 18 novembre 2008 (Apic) La crise financière actuelle montre que l’économie et la politique, donc les économistes et les politiciens, doivent emprunter un chemin commun. Une cinquantaine de politiciennes et politiciens ont discuté samedi d’un modèle alternatif au Centre «Pierre angulaire» à Baar (Zoug), tenu par le mouvement des Focolari.

Etre actif en politique signifie, en fait, s’engager pour le bien de la communauté. Et le principe même de l’économie est d’ailleurs basé à l’origine sur la volonté d’assurer le bien de l’ensemble de la population. Car seule une économie qui prend en compte les plus faibles constitue la base d’un état social. C’est ce qu’a rapporté Eric Roux, syndic de Grimisuat en Valais, sur la discussion lors du forum «Politique et fraternité» du samedi 15 novembre au Centre Pierre angulaire à Baar.

La fraternité a quelque chose à offrir au marché et aux organisations économiques: cela a été démontré par le rôle joué par les personnes atteintes d’un certain charisme dans l’histoire de l’humanité. Cette thèse a été lancée par le professeur Luca Crivelli, de l’Université de la Suisse italienne à Lugano.

«Lorsque dans le domaine social les personnes charismatiques sont à l’ouvrage, alors une force rare et qui sort de l’ordinaire entre en jeu. C’est elle que les chrétiens désignent par le terme ’agape’, amour désintéressé», a ajouté Luca Crivelli, reprenant une idée de Luigino Bruni, professeur de sciences économiques à l’Université de Milan.

Même Saint Benoît a établi avec son ’ora et labora’ (prie et travaille) une toute nouvelle éthique du travail. Les couvents médiévaux étaient d’ailleurs les centres économiques de l’époque. François d’Assise, avec son choix radical de pauvreté, est à origine des Monts de piété, qui ont pu libérer les pauvres du pouvoir des usuriers.

Responsabiliser les intervenants

Le projet «Economie de communion», issu de la spiritualité de l’unité prônée par la fondatrice des Focolari Chiara Lubich, décédée en mars dernier, place au premier plan les principes d’égalité et de fraternité. Il consiste à baser le commerce et l’économie non pas uniquement sur la maximalisation des gains, mais également sur des valeurs comme la responsabilité de tous les intervenants pour tout ce qui touche la communauté, la réciprocité et l’égalité.

Dans la discussion finale, il est clairement apparu que les stimulations pour la mise en place d’une politique et d’une économie fraternelles doivent venir de la base. Cela doit être le cas lors de forums comme celui de Baar, où se sont rencontrés des élus communaux et cantonaux. Ces derniers pourront apporter dans leurs propres terrains d’engagement de nouvelles idées en vue de mettre en place une économie communautaire. Cela a été relevé entre autres par les trois jeunes politiciens présents, parmi lesquels se trouvait le président de la session fédérale des jeunes, Diego Bigger. (apic/blb/bb)

18 novembre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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