Vers une plus grande unité
Baar (ZG): Rencontre entre les paroisses et les mouvements spirituels
Baar ZG, 26 novembre 2001 (APIC) Des représentants d’une trentaine de mouvements spirituels et charismatiques ont rencontré samedi 24 novembre à Baar, dans le canton de Zoug, des délégués des tous les diocèses de Suisse. Trois conférenciers, le directeur du Salesianum Thomas Rucksthul, le recteur de la faculté de Théologie de Lugano Libero Gerosa, et l’Abbé de St- Maurice Joseph Roduit ont plaidé pour une plus grande unité.
Trop souvent mis en concurrence pastorale, les paroisses et les mouvements ecclésiaux sont «appelés à unir leurs efforts», a commenté l’organisateur du symposium, le mouvement Focolare, d’entente avec les évêques suisses, en expliquant les raisons de ce symposium. Les orateurs ont successivement plaidé en faveur de plus de respect réciproque, d’une flexibilité canonique pondérée, et finalement d’une vie de charité plus manifeste.
Thomas Ruckstuhl a mis en avant la complémentarité entre les paroisses qui disposent d’une forte organisation, et les mouvements jugés plus aptes, selon lui, à stimuler l’enthousiasme nécessaire au renouveau spirituel. Pour ce faire, T. Ruckstuhl invite les mouvements à faire preuve d’un plus grand souci d’intégration dans la vie paroissiale. D’un autre coté, les paroisses principales gardiennes de l’unité, doivent, estime-t- il, être en mesure d’assurer l’implantation des mouvements dans l’Eglise locale. «Ce qui implique une meilleure connaissance des mouvements de la part des paroisses». Cette double démarche repose sur le respect réciproque, nécessaire à une meilleure connaissance, conclut-il.
Plus de flexibilité juridique
Le professeur de droit canon Libero Gerosa a de son côté mis en évidence l’importance du statut juridique des paroisses et présenté les conditions canoniques d’une plus grande flexibilité. Sur la base des constitutions dogmatiques du Concile Vatican II et du code de droit canonique, il a expliqué que la communauté eucharistique est la réalité
théologique fondamentale, ce qui permet, à ses yeux, d’asseoir la primauté des assemblées de fidèles en eucharistie sur les autres associations de fidèles.
Cependant, assure l’orateur, cette approche ne signifie pas que les paroisses prédominent sur les mouvements. En effet, «les paroisses ne sont plus systématiquement des assemblées eucharistiques, et certains mouvements ont une vie communautaire où se célèbre fréquemment l’eucharistie».
Depuis le Concile Vatican II et la mise à jour du code de doit canonique, a poursuivi le professeur, la paroisse se définit comme «communauté de fidèles constituée de manière stable» et non plus en termes de territoire. En conséquence, «la résidence sur un territoire attribué à une paroisse ne peut plus, juridiquement, contraindre un fidèle ou un groupe de fidèles à participer à la messe dominicale dans la paroisse».
Cette plus grande flexibilité légale, ne signifie pourtant pas pour autant une révolution générale dans l’organisation des diocèses. L. Gerosa rappelle que les mouvements comme les paroisses sont au service de l’unité globale de l’Eglise. Il invite donc à une flexibilité pondérée, notamment au maintient d’une assemblée eucharistique dominicale dans les paroisses, source et manifestation de l’unité de l’Eglise. Il propose aux diocèses d’envisager également d’autres solutions, comme le développement de centres pastoraux.
Une collaboration fondée sur la charité
Dernier intervenant, le chanoine Joseph Roduit, de St-Maurice, a élargit la question de la collaboration entre paroisses et mouvements en les invitants à développer des actions communes centrées sur la pratique de la charité. La charité, a-t-il dit, est particulièrement unificatrice puisqu’elle ne nécessite qu’un but commun et non pas un accord systématique sur tous les points de la pratique religieuse ou de la sensibilité spirituelle. Il a rappelé que cette charité doit d’abord se développé au c?ur des paroisses comme des mouvements. Il a ainsi invité les paroisses à accroître leur capacité d’accueil de tout individu de tout horizon. Quant aux mouvements, il leur a proposé de mettre l’accent sur l’entraide matérielle et l’accompagnement spirituel. A ses yeux, la combinaison de ces deux efforts devrait favoriser une «pastorale de proximité» plus proche des individus et plus apte à les réunir en Eglise, selon l’abbé de St-Maurice.
Entre théorie et pratique
Les questions et discussions qui ont suivi les conférences, ont approuvé les grandes lignes de tolérance et d’unité qui ont émergé des trois discours. Cependant, dès que des questions sur la mise en pratique sont apparues, le débat, tout en gardant sa tonalité fraternelle, est resté quelque peu en suspend. Comment, par exemple, comme l’a souligné un responsable de l’Arche, intégrer harmonieusement des personnes porteuses d’un handicape, dans les célébrations paroissiales ? Où comment en Suisse, envisager une réorganisation du statut des paroisses, alors qu’elles entrent dans la constitution du rapport entre Eglise et Etat, sans remettre question les fondements de ce rapport?
Cette journée a néanmoins permis la rencontre de membres de paroisses et de mouvements à une échelle nationale. L’occasion a été favorable au développement d’une connaissance mutuelle, donc profitable à leur volonté commune de collaboration. (apic/sh)



