Des soldats US ou étrangers pourraient en être les auteurs

Bagdad: L’évêque auxiliaire de Bagdad victime de tirs nourris contre sa voiture: témoignage

Bagdad, 8 mars 2006 (Apic) Mgr Shlemon Warduni, évêque auxiliaire du patriarche chaldéen de Bagdad, commente l’attaque dont il a été victime lundi dernier à Bagdad. Sa voiture ayant été la cible de tirs nourris. De la sécurité? Du courant à Bagdad. L’évêque auxiliaire s’en sort sans égratignure. Les tirs pourraient provenir de soldats américains ou étrangers, aux dires mêmes du prélat.

«Je l’ai échappé belle, mais de nombreuses personnes sont blessées ou perdent la vie quotidiennement sur les routes de Bagdad, atteints par des projectiles tirés par des véhicules de la sécurité que l’on ne peut pas approcher», témoigne à l’Agence Misna Mgr Warduni. «Je me rendais lundi en visite chez le nonce apostolique, Mgr Filoni. Alors que je parcourais le quartier d’Al Manosur, dans le centre ville, devant moi il y avait des voitures, comme des jeep, desquelles je me suis approché pour les dépasser», dit l’évêque. «J’ai entendu une série de coups de feu. J’ai d’abord cru qu’une roue de la voiture avait été percée, mais la fusillade a continué», ajoute le prélat.

L’évêque auxiliaire assure qu’il n’a pas eu le temps d’avoir peur. «J’ai ralenti et garé la voiture en bordure de route. C’est alors que j’ai été secouru par un groupe de jeunes automobilistes qui se trouvaient derrière moi et qui se sont arrêtées pour vérifier comment j’allais. C’est seulement lorsqu’ils m’ont demandé si j’avais été atteint par une balle que j’ai vraiment réalisé qu’on avait essayé de me tirer dessus».

L’évêque auxiliaire ne croit pas avoir été la cible d’une agression ciblée contre sa propre personne. Qui a tiré? «En général, dit l’évêque, ce sont des soldats américains, ou étrangers, ou bien encore des hommes de l’armée ou de la police irakienne, qui se trouvent dans ces grosses jeeps, même si, dans mon cas, je ne peux pas dire qui conduisait le véhicule. Ces voitures portent un signe distinctif indiquant qu’il est interdit de s’en approcher, mais moi je ne m’en suis pas rendu compte. Ils ont ensuite poursuivi leur route sans s’arrêter».

Encore bouleversé par sa «mésaventure», Mgr Warduni ne manque pas d’exprimer son mécontentement: «Ici la situation se détériore de jour en jour. Où que l’on aille on risque de mourir». «On nous conseille de ne pas nous rendre dans beaucoup d’endroits, de ne pas faire certaines choses. Bref, nous sommes comme pris au piège». (apic/misna/pr)

8 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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