Une figure de l’Eglise orientale

Bagdad: Le chef de l’Eglise chaldéenne, le patriarche irakien Raphaël I Bidawid, est décédé

Bagdad, 8 juillet 2003 (Apic) Le patriarche irakien Raphaël I Bidawid, chef de l’Eglise chaldéenne, est décédé dans la matinée du 7 juillet 2003 à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie. Depuis plusieurs mois, cette figure des Eglises orientales s’était retirée au Liban pour se faire soigner.

Dans un télégramme en français adressé au patriarcat chaldéen, le pape exprime ses condoléances aux fidèles de rite chaldéen ainsi qu’à la famille du défunt, soulignant combien «l’illustre défunt a longtemps exercé le ministère sacerdotal puis épiscopal et patriarcal au service de l’Eglise chaldéenne catholique».

L’Eglise chaldéenne, dont le siège principal se trouve à Bagdad, compte aujourd’hui entre 300’000 et 400’000 membres, répartis dans dix diocèses en Irak, quatre en Iran et quatre autres au Moyen-Orient, ainsi qu’un diocèse d’une douzaine de paroisses aux Etats-Unis. En Irak, où résidait le patriarche Bidawid, les chaldéens représentent la majorité des catholiques qui sont au total environ 280’000.

Le patriarche Bidawid venait de fêter son 81e anniversaire. Né à Mossoul, en Irak en 1922, il avait été ordonné prêtre en 1946, après un long séjour d’études à Rome. Diplômé en philosophie, théologie et en droit canon, il avait enseigné au séminaire patriarcal chaldéen à Mossoul, tout en assurant la charge pastorale de prêtre aumônier responsable des chrétiens dans les stations de l’IPC, une compagnie irakienne de pétrole étendue entre le kurdistan irakien et le Liban.

Elu évêque en 1957, le patriarche Raphaël I Bidawid avait en outre été le pasteur du diocèse chaldéen de Maamadieh au Kurdistan irakien, puis de Beyrouth au Liban, jusqu’à son élection par le Saint-Synode chaldéen comme patriarche de cette Eglise orientale en 1989. Il avait, en tant qu’évêque oriental, participé au Concile Vatican II à Rome.

Outre les langues arabes, chaldéenne et syriaque, il connaissait également la langue turque et kurde, mais aussi les langues classiques comme le latin, le grec et l’hébreux. Il parlait par ailleurs Français, Italien, Espagnol, Portugais, Anglais et Allemand.

La dernière guerre en Irak, comme les précédentes du reste, avait été, pour le patriarche Bidawid, une souffrance de plus dans sa longue maladie. Il n’a cessé de dénoncer l’embargo imposé par les Nations Unies sous la pression américano-britannique.

Les funérailles du patriarche Bidawid seront célébrées le 12 juillet à Beyrouth, en présence du Cardinal Moussa Daoud, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales.

Sans vraie justice pas de paix

Le défunt a de la famille en Suisse, dans le canton de Fribourg. Dans une interview accordée il y a quelques mois au quotidien romand «La Liberté», relevait: «Mon neveu fribourgeois m’a confié qu’un jour, alors qu’il demandait à son fils pourquoi il ne souriait pas comme d’habitude, l’enfant lui rétorqua: «Tu trouves que c’est juste que je sourie alors que tu ne souris pas toi- même et que tu me sembles très fâché? Le père surpris et admiratif de la pertinence de son enfant l’embrassa et s’excusa. Il m’avoua qu’il avait reçu là une leçon fabuleuse de vie et de justice. Eh oui, l’injustice révolte même un enfant. C’est pourquoi la justice est la base de la paix, comme l’a si bien souligné, maintes fois, le pape Jean Paul II». Cette figure de l’Eglise orientale, qui n’a jamais cessé de dénoncer la guerre et le drame qui s’abattait sur les enfants, victimes innocentes de l’embargo, martelait sans cesse que «sans vraie justice il n’y a pas de paix. (apic/imedia/lib/pr)

8 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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