Bagdad: Les chrétiens dans l’attente des bombardements prient la Vierge de la Paix
«La Vierge nous a déjà sauvés en 1743 d’une invasion perse»
Bagdad, 21 mars 2003 (APIC) Les chrétiens de Bagdad, dans l’attente de nouveaux bombardements, prient Notre-Dame de la Paix. Ils devaient se rassembler vendredi en fin d’après-midi dans la cathédrale de St-Joseph des Chaldéens pour assister à la consécration solennelle de l’Irak à la Mère de Dieu, aux pieds de la statue blanche de la «Vierge pèlerine» venue de France. Sur place, les chrétiens irakiens, qui vénèrent la Vierge – les musulmans aussi honorent «Myriam» – espèrent en son intercession pour éviter des malheurs plus grands.
«On vit dans l’attente, terrés dans les abris et les maisons, les écoles et les commerces sont fermés, toute la vie économique est paralysée; on est à l’affût des nouvelles et on craint l’arrivée de la nuit, car on craint une nouvelle vague de missiles avec un cortège d’explosions et d’incendies, au milieu des cris stridents de sirènes», déclarait vendredi le Père dominicain Thomas Yousif Mirkis, atteint par l’APIC dans son couvent situé dans le quartier populaire d’Al-Wahda, à Karrada, près du centre de Beyrouth.
Vendredi soir, vers 18h (heures locales) les chrétiens qui ont osé sortir – la nuit tombe déjà et c’est l’heure habituelle des bombardements – se sont rendus à la cathédrale St-Joseph pour la fête solennelle de la consécration de l’Irak au Coeur Immaculé de Marie, «Reine de la Paix», en présence des évêques des différentes Eglises chrétiennes d’Irak. «Nous avons confiance en Marie, car le peuple chrétien d’Irak met de l’espoir en Notre-Dame: dans l’histoire, en 1743, face à l’invasion des Perses, chrétiens et musulmans avaient prié ensemble avec ferveur, et le fléau avait été écarté. Jusqu’à maintenant, les gens s’en souviennent !», souligne le Père Mirkis, rédacteur en chef de la revue oecuménique irakienne «Al Fikr al Masihi» (La Pensée chrétienne).
La Mère de Dieu n’abandonne jamais ses enfants
Comme dans tous les moments difficiles de l’histoire, le peuple chrétien d’Irak se tourne vers la Vierge Marie pour implorer l’aide de Dieu, «certain que la Mère de Dieu ne laisse jamais ses enfants sans secours», insiste le dominicain. La statue de la «Vierge pèlerine» qui attire la foule et qui tourne dans les diverses localités irakiennes depuis plusieurs années s’appelle «Notre-Dame de France, Reine de la Paix». La manifestation de vendredi soir était organisée par le Patriarcat chaldéen catholique, représenté par les évêques auxiliaires de Bagdad, Mgr Shlemon Warduni et Mgr Emmanuel-Karim Delly, avec la participation des Eglises latine, syrienne catholique, syriaque orthodoxe, arménienne catholique, et assyrienne. (apic/be)




