Journée mondiale contre la lèpre 2008 ce week-end
Bâle: La Fondation Novartis pour un développement durable lutte contre la lèpre
Bâle, 24 janvier 2008 (Apic) La Journée mondiale contre la lèpre 2008, organisée les 26 et 27 janvier prochain, marque un tournant historique, rappelle dans un communiqué publié jeudi la «Fondation Novartis pour un développement durable» à Bâle. «La lèpre est sur le point d’être éliminée», affirme Novartis qui fournit gratuitement, à travers l’OMS, des médicaments aux malades de la lèpre dans le monde. 4,5 millions de personnes ont ainsi été soignées depuis 2000
Frappant des millions de personnes, la lèpre cause depuis plus de 2000 ans de terribles ravages, invalidant, isolant et appauvrissant de manière cruelle les personnes qu’elle infecte.
«La lèpre est aujourd’hui sur le point d’être éradiquée»
Ce fléau «est aujourd’hui sur le point d’être éradiqué», relève la Fondation Novartis. Des responsables santé du monde entier se rencontreront la semaine prochaine lors du Congrès international contre la lèpre à Hyderabad, en Inde, pour se concerter en vue d’éliminer de manière définitive cette maladie et d’en prévenir la résurgence.
Le combat contre la lèpre représente un succès majeur dans l’histoire de la santé publique. Aujourd’hui, il n’y a plus que quatre pays au monde déplorant encore un taux de prévalence dépassant un cas pour 10’000 habitants, contre 122 pays en 1985. Des scientifiques, des politiques, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des ONG et diverses fondations du secteur privé ont conjugué leurs forces pour un combat qui est aujourd’hui parvenu à un moment charnière: le succès aidant, le niveau d’attention international porté à la maladie tend malheureusement à baisser, affaiblissant d’autant la détermination des autorités.
Il subsiste des foyers importants en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique
Or, note Novartis, en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique, il subsiste des foyers importants de la maladie, d’où elle pourrait renaître si les efforts en matière de diagnostic et de traitement se relâchaient. Début 2007, l’OMS recensait environ 225’000 cas de lèpre dans le monde, ce qui constitue une réduction de 98% par rapport au début des années 1980.
Le prochain – et probablement dernier – Congrès international contre la lèpre se tiendra du 30 janvier au 4 février 2008 à Hyderabad, en Inde. Il a pour objectif de relancer les efforts de lutte contre la maladie et de permettre d’affiner les stratégies et les outils destinés à l’éradiquer complètement. La Fondation Novartis pour un développement durable, qui gère les dons de médicaments depuis l’an 2000, jouera un rôle actif durant le congrès.
Par le passé, la lèpre était plus qu’une simple maladie infectieuse. Dans de nombreuses cultures, elle était considérée comme une maladie de l’âme et du corps et exposait à des conséquences désastreuses ceux qu’elle contaminait. Honteuses de leur condition et terrifiées par les conséquences sociales, les personnes infectées essayaient de dissimuler leur état. L’absence de traitement ou les retards dans celui-ci accroissaient les risques de lésions définitives, qui aggravaient à leur tour la stigmatisation des malades, instaurant un véritable cercle vicieux.
On peut guérir de la lèpre
Depuis le début des années 1980, la prévalence de la lèpre a très fortement diminué, grâce, d’une part, à la mise au point d’un traitement permettant une guérison complète et, de l’autre, à la disponibilité accrue de celui-ci pour les patients, à titre gratuit.
La thérapie multimédicamenteuse, qui est le traitement préconisé par l’OMS, permet de guérir les patients, de supprimer les risques de contagion dès la toute première administration et d’empêcher la survenue de handicaps. «Deux des trois médicaments utilisés dans cette thérapie ont été développés dans les laboratoires de Novartis», rappelle la Fondation bâloise.
La presque totalité des livraisons de thérapie multimédicamenteuse se fait dans le cadre d’un partenariat entre l’OMS et Novartis. Selon les estimations de l’OMS, les médicaments offerts par la multinationale bâloise ont permis de soigner environ 4,5 millions de patients ces sept dernières années. Depuis 2000, l’entreprise a fourni plus de 37 millions d’emballages de médicaments, pour un coût total avoisinant les 64 millions de dollars. Novartis s’est engagé à collaborer avec l’OMS pour fournir des médicaments gratuits à toutes les victimes de la lèpre dans le monde au moins jusqu’à la fin 2010. JB/Com
Encadré
A l’origine de la lutte contre la lèpre, Raoul Follereau
Lorsque le fondateur de la Journée mondiale des Lépreux, le Français Raoul Follereau – né à Nevers en 1903 – a commencé de secourir les lépreux, il était bien seul. Personne d’autre que des religieux catholiques ou des missionnaires protestants de l’American Leprosy Mission ne s’inquiétait d’eux.
A l’occasion de la 55ème Journée Mondiale des Lépreux, les 26 et 27 janvier 2008, intitulée «La lèpre ne tue pas. Elle condamne», la Fondation Raoul Follereau rappelle que cet «apôtre des lépreux» a joué un rôle fondamental dans la lutte contre cette maladie invalidante. «Les actions permanentes et persévérantes menées par la Fondation Raoul Follereau ont largement participé au recul spectaculaire de la maladie. Grâce à la générosité et la fidélité de nos donateurs, sur les seules 25 dernières années, nous avons contribué à guérir 14 millions de malades», écrit la Fondation Raoul Follereau.
«Des résultats remarquables, qui nous récompensent des efforts consentis… mais qui ne nous font pas oublier la tâche qu’il nous reste à accomplir : toutes les 3 minutes, une personne est touchée par la lèpre dans le monde ; toutes les 30 minutes, c’est un enfant qui est atteint». «A l’heure de la mondialisation, d’internet et des hautes technologies, comment accepter qu’un fléau, aussi ancien et connu que la lèpre, continue à frapper et exclure tant de personnes dans le monde ?», se demande encore la Fondation basée à Paris. Notons que les troubles dans plusieurs pays africains ont rendu plus difficile l’éradication de la maladie.
Michel Récipon, président du directoire de la Fondation rappelle que la lèpre est guérissable depuis 25 ans, mais que le combat n’est pas terminé: «Il y a toujours des lépreux et même de nouveaux cas: rien qu’en 2006, plus de 260’000 personnes ont été atteintes par la lèpre. Ne nous y trompons pas: ce n’est pas parce qu’elle est une maladie sournoise et lente que la lèpre ne continue pas à détruire des vies». En effet, la lèpre est une maladie grave qui ne tue pas. Malheureusement, elle reste un facteur d’exclusion sociale. Bien souvent, les lépreux sont rejetés par la société, par leur entourage, parfois même par leur propre famille. (apic/com/be)



