Divergences entre le Saint-Siège et les cantons sur le concordat
Bâle: Le diocèse attend un nouvel évêque auxiliaire depuis trois ans
Soleure, 5 sptembre 1999 (APIC) Le diocèse de Bâle attend un nouvel évêque auxiliaire depuis plus de trois ans, date de la démission pour raison de santé de Mgr Joseph Candolfi. Mgr Kurt Koch a désigné un évêque auxiliaire, mais le Vatican tarde à confirmer la nomination, en raison de divergences sur l’interprétation du concordat entre le Saint-Siège et les cantons diocésains.
La démission de Mgr Candolfi avait été acceptée le 30 mars 1996, alors qu’il n’avait pas encore fêté ses 74 ans. En principe, selon le droit canon, les évêques doivent remettre leur démission pour raison d’âge à 75 ans. Depuis, le diocèse attend toujours son deuxième évêque auxiliaire.
Selon le quotidien alémanique «Sonntagsblick», qui écrit en titre que «Le pape brusque la Suisse», l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, aurait en fait déjà nommé un évêque auxiliaire, mais la confirmation requise du Vatican se fait attendre «depuis bientôt une année». Le vicaire général du diocèse, interrogé dimanche par l’APIC, relève que le problème réside dans des interprétations divergentes du concordat de 1828 qui lie le Saint-Siège et les cantons diocésains. Les parties doivent encore se mettre d’accord sur les modalités concernant la nomination d’évêques auxiliaires.
Selon le concordat, l’évêque a le droit de nommer son auxiliaire
Le concordat du 26 mars 1828 entre le Saint-Siège et les cantons de Lucerne, Berne, Soleure et Zoug (qui seront rejoints dans le système concordataire au cours des années par les autres cantons diocésains: Argovie, Thurgovie, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Schaffhouse et enfin le Jura) garantit à l’évêque diocésain de Bâle de nommer un évêque auxiliaire.
Selon l’interprétation qu’en a fait jusqu’à maintenant le diocèse de Bâle – on déroge à ce que prescrit généralement le droit canon – seule une confirmation du pape est requise. En règle générale, seul le pape nomme les évêques. Dans le texte original du concordat, on peut lire: «…le Diocèse sera pourvu d’un Suffragant, que l’Evêque nommera…» Contrairement à Mgr Candolfi, nommé à l’époque en accord avec le concordat, l’actuel unique évêque auxiliaire du diocèse, Mgr Martin Gächter, a été nommé directement par le pape il y a 12 ans.
Les prédécesseurs de Mgr Koch avaient fait usage seulement à deux reprises de leurs prérogatives de nommer un évêque auxiliaire: Mgr Anton Hänggi, nomme en 1975 Mgr Otto Wüst comme auxiliaire, avant qu’il ne soit élu par le chapitre cathédral évêque diocésain de Bâle en 1982. Ce dernier nommera Mgr Candolfi comme son premier auxiliaire en 1983, tandis que le deuxième, Mgr Gächter, sera directement nommé par Rome en 1987. (apic/wm/be)



