Simultanément à 4 endroits: Bâle, Delémont, Porrentruy et Bienne
Bâle: Pro Deo, une exposition sur l’ancien évêché de Bâle du IVe au XVIe siècle
Bâle, 23 mars 2006 (Apic) La série d’expositions Pro Deo, sur l’ancien évêché de Bâle du IVe au XVIe siècle, sera inaugurée officiellement le 5 avril prochain au Musée Kleines Klingental à Bâle. L’ambition est de montrer, dans quatre musées simultanément, comment était la vie religieuse au Moyen Age et au XVIe siècle.
Lancée par la Fondation des Archives de l’ancien évêché de Bâle (AAEB), basée à l’Hôtel de Gléresse, à Porrentruy, l’exposition Pro Deo – qui présente des volets distincts et autonomes, sur un thème commun – a lieu simultanément à 4 endroits: Bâle, Delémont, Porrentruy et Bienne, qui furent toutes des villes de l’ancienne principauté épiscopale.
La Fondation propose une exposition traitant de la vie religieuse des tout débuts jusqu’au Moyen Age et au XVIe siècle dans l’évêché de Bâle, accompagnée d’une publication. Elle fait revivre un monde disparu et pourtant si proche, fait voir de beaux objets et aide à les comprendre. L’exposition veut gratter les apparences et dépasser les clichés, faire découvrir le passé pour mieux comprendre notre présent.
A Bâle, au Museum Kleines Klingental (en collaboration avec le Service archéologique cantonal de Bâle-Campagne), l’exposition s’intitule: «Sous les auspices de l’Eglise» / «Im Zeichen der Kirche». On y aborde le début de la christianisation et les apports de l’archéologie.
L’exposition présente les débuts mouvementés de l’évêché de Bâle, et l’évolution jusqu’au Moyen Age. L’Eglise et la foi, le monde profane et le travail sont les thèmes principaux. On peut y suivre les traces des premiers chrétiens et découvrir la vie des évêques, des nobles et du peuple à la lumière de la religion et du pouvoir.
La christianisation de la région nord-ouest de la Suisse commence avec le castrum de l’ancienne ville romaine d’Augusta Raurica. Les ruines d’une imposante église marquent le siège du premier évêché connu en Suisse. On y a trouvé un cure-dent orné d’un christogramme – les initiales du Christ – qui constitue l’un des plus anciens témoignages de la présence du christianisme en Suisse.
A la campagne, et par la suite aussi à Bâle, les chrétiens construisirent des églises et des couvents, «pas toujours poussés par des motifs religieux, car les droits de propriété et les aspects économiques jouaient aussi un rôle important», note-t-on.
Des saints jurassiens et d’ailleurs
A Delémont, au Musée jurassien d’Art et d’Histoire, on découvre l’exposition «ETRE de chair et de ciel» / «WESEN zwischen Himmel und Erde»: saints, reliques et intercession. L’exposition s’interroge sur les saints, «ces intermédiaires entre ciel et terre, faiseurs de miracles, êtres d’exception». En posant son regard sur quelques saints jurassiens et d’ailleurs, l’exposition veut éclairer certaines facettes de notre rapport au divin et au surnaturel.
Le Musée de l’Hôtel-Dieu, à Porrentruy, présente l’exposition «Fêter, vivre, prier» / «Feiern, leben, beten»: la vie religieuse d’une paroisse à la fin du XVe siècle. On y découvre la vie religieuse collective, comme la distribution aux fidèles et pèlerins du «vin de saint Germain», béni spécialement ce jour-là, et la vie religieuse privée, comme les indulgences afin de «gagner la protection de Dieu». On découvre aussi comment on pratiquait la ségrégation pour des motifs religieux de deux catégories d’exclus très différents: les juifs et les lépreux.
«L’hérésie sous la crosse»
Au Musée Neuhaus, à Bienne, le visiteur, avec «L’hérésie sous la crosse» / «Ketzer unter dem Krummstab»: la Réformation et ses suites, rencontre un monde occidental en pleine effervescence. La critique du système féodal et des positions de l’Eglise engendrent une nouvelle ère. Les problèmes sociaux, économiques et culturels s’enracinent dans le débat confessionnel et le monde chrétien se divise en deux camps. A Bienne, la Réforme offre une opportunité bienvenue pour s’émanciper au niveau politique, et la ville «hérétique» s’éloigne alors encore un peu plus de son seigneur, l’évêque de Bâle.
L’exposition montre qu’au XVIe siècle, les questions religieuses et les intérêts politiques sont très fortement liés. Le développement de l’imprimerie joue alors un rôle de premier plan, et permet la diffusion rapide de la Réforme.
La Fondation des Archives de l’ancien évêché de Bâle (AAEB) organise cet événement à l’occasion de son 20e anniversaire, avec le soutien des cantons de Berne, du Jura, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne. Plus d’information sur le site internet www.prodeo.ch. (apic/be)



