Balkans: «L’effort de guerre» plus réel que l’effort de paix
Le rôle des Eglises sera capital pour reconstruire une vie commune
Rome, 15 avril 1999 (APIC) Le rôle des Eglises sera capital dans les Balkans pour reconstruire les bases d’une vie commune pacifique après la guerre, estime Mgr Eleuterio Fortino, sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens.
D’origine albanaise, prêtre de rite byzantin, Mgr Fortino est proche de plusieurs personnalités orthodoxes serbes. Le monde orthodoxe, russe et serbe en particulier, est terriblement critique face à la guerre menée par l’OTAN dans les Balkans.
«Après la guerre l’urgence majeure sera le dialogue», insiste Mgr Fortino. «Les relations oecuméniques sur place, comme celles entre les chrétiens du reste du monde – y compris ceux des pays de l’OTAN -, et ceux qui ont souffert à cause de la guerre, peuvent renforcer l’esprit de fraternité et de réconciliation». Aux yeux de Mgr Fortino, ce sont là des dimensions essentielles pour une nouvelle et nécessaire vie commune entre les peuples.
Mgr Fortino souligne enfin que les relations avec les musulmans doivent également contribuer à la réconciliation, grâce à la «référence commune à la transcendance» qu’ils ont avec les chrétiens. «Cette référence, estime le sous-secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, pourra aider à instaurer une nouvelle attitude de respect réciproque et un nouvel ordre éthique, dépassant l’immoralité de la haine et de la guerre».
Pour Mgr Fortino, la vie commune est tout à fait possible entre chrétiens orthodoxes et musulmans albanais, dès lors qu’aucun facteur extérieur ou mesure discriminatoire ne vient créer des tensions entre les deux communautés. «Les musulmans albanais sont des gens très ouverts, et beaucoup avaient même l’habitude d’aller en pèlerinage dans les monastères orthodoxes du Kosovo», raconte-t-il.
Quant à Ibrahim Rugova, qu’il connaît personnellement, Mgr Fortino souligne que c’est un homme qui connaît bien la culture chrétienne, et que son choix de résistance non-violente aux pressions serbes faisait de lui une personnalité à prendre en considération, et un médiateur de valeur entre les deux communautés. (apic/imed/pr)




