Balmberg: Les évêques suisses solidaires des requérants d’asile et des réfugiés
«Ici nous ne sommes pas dans notre patrie»
Balmberg (SO) 3 décembre 1998 (APIC) Cyprien, sept mois, est encore bien jeune pour aller à l’école. Il a pourtant reçu jeudi un magnifique cartable des mains de Mgr Amédée Grab président de la Conférence des évêques suisses. Cyprien, dont les parents ont fui la guerre du Kosovo, est le plus jeune habitant du centre de requérants d’asile de Balmberg, dans le Jura soleurois. A travers ce cadeau, les évêques suisses tenaient à manifester publiquement leur solidarité avec les requérants d’asile et les réfugiés et partager l’espoir du retour.
Pour leur traditionnelle conférence de presse à l’issue de leur assemblée d’hiver, les évêques ont invité les journalistes au centre d’accueil du col du Balmberg, (SO) géré par Caritas. Mgr Amédée Grab, évêque de Coire, a plaidé pour une attitude humaine face à des personnes qui ont fui la guerre et la violence.
Sans remettre en cause la politique fédérale en matière d’asile, Mgr Grab a défendu une action mieux concertée entre Confédération, cantons, oeuvres d’entraide et Eglises. Une première table ronde a d’ailleurs réuni des responsables des divers milieux le 24 novembre, autour du Conseiller fédéral Arnold Koller et du responsable de l’Office fédéral des réfugiés. Histoire de tordre le cou aux idées toutes faites sur les requérants d’asile qu’entretient un certain courant xénophobe. Non, les requérants ne sont pas tous des délinquants ou des criminels en puissance. Non, ils ne roulent pas sur l’or, avec 13,50 francs par jour pour vivre. Non, ils ne sont pas mieux traités en Suisse qu’ailleurs. Oui, ils ont besoin de la solidarité de la population et des Eglises de Suisse.
Permettre un retour dans la sécurité
Les évêques suisses soutiennent également les efforts entrepris en vue de faciliter le retour dans leur pays des personnes admises temporairement en Suisse. 90% de la cinquantaine de requérants, hommes, femmes et enfants de douze nationalités actuellement accueillis au Balmberg ont peu de chance d’obtenir le statut de réfugiés, confie Helen Gebert responsable du centre. Leur assurer sur place, au Kosovo ou ailleurs, un avenir matériel et humain qui permette la cohabitation de tous dans la paix et le respect mutuel est aujourd’hui une contribution indispensable, souligne Mgr Grab. Le rétablissement de ces fondements prend du temps. Il peut exiger une prolongation du séjour en Suisse mais c’est la condition nécessaire d’un retour dans la sécurité et la dignité. Collaborer à la pacification et à la réconciliation sur place fait également partie de cette exigence.
Afin de concrétiser cette solidarité les évêques suisses ont apporté un soutien financier, dont le montant n’a pas été chiffré, à un programme d’éducation pour les enfants du Kosovo, dans leur propre langue et leur propre culture.
Attendre: la seule activité des requérants de Balmberg
Pour les 51 personnes de 12 pays actuellement hébergées au centre de Balmberg, attendre est la principale activité, témoigne Helen Gebert. Attendre les interrogatoires, attendre la décision sur leur demande d’asile, attendre un avenir meilleur. Leurs biens propres ? Un lit et une armoire dans une chambre qu’ils partagent avec trois à sept camarades. Dans cette attente l’équipe de Caritas s’efforce d’apporter quelque chose d’utile à travers notamment des cours d’allemand.



