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Bangladesh: l’Eglise célèbre les 500 ans de l’arrivée du christianisme

L’Eglise catholique au Bangladesh porte l’héritage des missionnaires européens. Ils sont arrivés peu après l’installation de marchands catholiques portugais, en 1517 dans le port de Chittagong. Cette année, l’Eglise locale célèbre les 500 ans de l’arrivée du christianisme dans le pays, en rendant hommage aux martyrs et aux premiers missionnaires.

Les premières communautés chrétiennes locales ont vu le jour en 1518, dans ce qui était alors le Bengale oriental. Deux prêtres jésuites portugais, les Pères Francesco Fernandes et Dominico D’Souza, sont les premiers missionnaires à être arrivés au Bangladesh, en 1598.

600’000 chrétiens sur plus de 160 millions d’habitants

Aujourd’hui, le pays compte environ 600’000 chrétiens, dont un peu plus de la majorité sont  catholiques, pour une population de plus de 160 millions d’habitants.

Les catholiques bangladais se sont engagés dans de nombreuses activités organisées dans le pays depuis le 1er octobre 2019, à l’occasion du mois missionnaire extraordinaire. Annoncé en 2017 par le pape François lors de la Journée missionnaire mondiale, ce mois d’octobre est célébré dans l’Eglise universelle sur le thème «Baptisés et envoyés: l’Eglise du Christ en mission dans le monde «, cent ans après la publication de la lettre Maximum Illud par le pape Benoît XV.

350’000 catholiques

L’Eglise bangladaise – deux archidiocèses et six diocèses pour 350’000 catholiques – a lancé de nombreux programmes pour marquer la nature missionnaire de l’Eglise. Le mois missionnaire qui commence tient une place particulière au Bangladesh, où la naissance et la croissance de l’Eglise sont nées des formidables contributions des missionnaires et des martyrs, confie Mgr Shorot F. Gomes, évêque auxiliaire de Dacca.

Les catholiques sont une toute petite minorité au Bangladesh (Photo: Amio James Ascension/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

«Durant la dernière rencontre pastorale et presbytérale avec les prêtres, nous avons appelé le clergé, les religieux et les laïcs à célébrer ce mois missionnaire», explique-t-il. Il ajoute que les catholiques de l’archidiocèse de Dacca s’engagent dans de nombreuses rencontres de prière familiales et communautaires, des messes spéciales et des adorations eucharistiques, des lectures de vies de saints, des visites pastorales et des œuvres de charité auprès des pauvres et des personnes dans le besoin.

«Nous leur proposons aussi des formations missionnaires et apostoliques, pour qu’ils comprennent que l’Eglise est missionnaire par nature. Comprendre cela demande un renouveau de la foi», poursuit Mgr Gomes.  

L’esprit missionnaire de l’Eglise

Dans l’archidiocèse de Chittagong, dans le sud-est du pays, les catholiques observent aussi «l’esprit missionnaire de ce mois d’octobre», confie Anochondra Tripura, un catholique de l’ethnie Tripura. Secrétaire de la paroisse Reine de Fatima, dans le district de Bandarban dans la région des Chittagong Hill Tracts, il souligne que «Toutes les antennes de notre paroisse organiseront une messe spéciale et une rencontre afin d’observer le mois missionnaire. Les familles et les villages ont été invités à prier le chapelet régulièrement, parce que c’est aussi le mois de notre mère Marie», explique-t-il.

L’Eglise bangladaise organise aussi des programmes pour les catéchistes, qui sont des missionnaires sur le terrain et qui soutiennent la vie de l’Eglise dans les Chittagong Hill Tracts, ajoute Anochondra Tripura. «Les catéchistes sont très précieux pour transmettre et soutenir la foi auprès des chrétiens qui vivent dans les régions reculées. Nous voulons les encourager et les former», explique-t-il.

Pèlerinage marial populaire

Dans le diocèse de Dinajpur, dans le nord du Bangladesh, des catholiques de tous les âges ont adopté l’esprit du mois missionnaire, confie le Père Anthony Sen, curé de la paroisse Fatima Rani de Ruhea, dans le district de Thakurgaon. «Nous avons transmis le message du Saint-Père à tous les fidèles, et ils sont très enthousiastes. Dans les familles, les villages et les paroisses, de nombreux catholiques – enfants, jeunes et adultes – se joignent aux prières, aux messes, aux séminaires et aux œuvres de charité. C’est l’expression visible de l’esprit missionnaire de l’Eglise», confie le Père Sen.

Le prêtre ajoute que la paroisse profite du mois missionnaire pour inviter les fidèles à participer à un pèlerinage marial populaire. «Tous les ans, des milliers de gens y participent, et nous avons voulu marquer les célébrations de cette année en mettant particulièrement l’accent sur le message du pape. Nous espérons que cela aidera les catholiques à mieux vivre leur foi et à annoncer la Bonne Nouvelle au quotidien». 

Auprès des travailleurs pauvres des plantations de thé

Le diocèse de Sylhet, qui couvre la région des plantations de thé dans le nord-est du pays, s’est également engagé dans le mois missionnaire. «La plupart des catholiques du diocèse sont pauvres, ils travaillent dans les plantations de thé et vivent dans les ›puni’ [villages forestiers]. La plupart d’entre eux appartiennent aux minorités ethniques vivant dans la région, c’est pourquoi l’Eglise de Sylhet cherche particulièrement à les rejoindre durant ce mois d’octobre», explique Pius Nanuar, travailleur social et jeune militant basé à Sylhet.

Nanuar, un catholique de l’ethnie Kharia, évoque le manque de vocations sacerdotales et religieuses, qui affecte les catholiques qui ne peuvent pas toujours aller à la messe régulièrement. Il confie que durant cette période, le diocèse veut les accompagner. «L’évêque, les commissions diocésaines, le clergé et les religieux du diocèse ont prévu des visites pastorales auprès des catholiques des plantations de thé et des villages, pour les aider à devenir missionnaires là où ils vivent, pour témoigner auprès des non chrétiens autour d’eux. C’est le message que l’Eglise locale veut leur transmettre».

Dans ce pays confronté à des catastrophes naturelles récurrentes et marqué par un taux élevé d’analphabétisme, l’Eglise se distingue par son implication dans les domaines éducatifs, médicaux, sanitaires ou encore juridiques, en prenant la défense des droits, notamment fonciers, des aborigènes. (cath.ch/eda/be)

Paroisse de l’archidiocèse de Chittagong, au Bangladesh | Youtube
8 octobre 2019 | 14:42
par Jacques Berset
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