Les extrémistes musulmans visent l’introduction de la charia

Bangladesh: Les attentats à la bombe inquiètent les chrétiens

Colombo, 14 décembre 2005 (Apic) Plusieurs responsables d’Eglise au Bangladesh, pays à majorité musulmane, ont exprimé leur préoccupation après une série sans précédent d’attentats qui seraient perpétrés par des groupes extrémistes. Ces derniers entendent imposer les lois islamiques de la charia dans ce pays de l’Asie du Sud.

Deux explosions qui se sont produites le 9 décembre dans la capitale du Bangladesh, Dhaka, ont fait huit morts. Peu avant, sur une période de trois semaines, une vingtaine de personnes, entre autres des juges, des avocats et des policiers, ont été tués, victimes de quatre attentats-suicides.

«Nous craignons qu’ils [les extrémistes islamistes] essaient de s’emparer du pouvoir en répandant la terreur dans l’esprit des habitants», a averti Elgin Saha, président du Conseil national des Eglises du Bangladesh. «Non seulement les chrétiens, mais tous sont préoccupés par cette recrudescence d’attentats».

Les chrétiens sont environ 400’000 alors que les musulmans représentent 83% des 144 millions d’habitants du Bangladesh, qui était la partie orientale du Pakistan jusqu’à 1971. «La situation semble empirer», a averti Elgin Saha, membre de l’Eglise baptiste et responsable d’un groupe chrétien pour la promotion de la santé et le développement économique.

Responsabilité attribuée

La police a attribué la responsabilité de ces attentats à des groupes islamistes qui demandent l’introduction de la loi islamique fondée sur la charia.

Si des partis politiques «soutiennent ceux qui veulent renverser le système actuel et appliquer la charia», a-t-il dit, «c’est très préoccupant pour les chrétiens et les autres». Pour l’évêque catholique romain Theotonius Gomez, secrétaire général de la Conférence épiscopale du Bangladesh, il peut y avoir plusieurs raisons à ces attentats.

«Ce pourrait être une répercussion de la situation en Occident», a expliqué Theotonius Gomes, évêque auxiliaire de Dacca. Les évêques catholiques, a-t-il dit, ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Zia en septembre, dans laquelle ils l’exhortent à garantir la paix et la sécurité pour tous.

La lettre faisait suite aux attentats du mois d’août lorsque plus de 200 bombes artisanales ont explosé simultanément dans 63 des 64 districts du Bangladesh. Ces attentats avaient coïncidé avec l’assassinat de deux évangélistes chrétiens, qui travaillaient pour Christian Life Bangladesh, massacrés alors qu’ils dormaient dans le village de Dhupapara, à 100 kilomètres de Dacca. (apic/eni/pr)

14 décembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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