Mais sans trop y croire
Bangladesh: Les représentants des minorités religieuses veulent le retour à un Etat laïque
Dacca, 29 juin 2008 (Apic) Le Bangladesh Hindu Bouddha Christian Oikya Parishad (Conseil et unité des chrétiens, bouddhistes et hindous du Bangladesh) a demandé le retour à la Constitution de 1972, texte rédigé peu après la guerre d’indépendance de 1971, à l’issue de laquelle le Bangladesh a obtenu son indépendance du Pakistan.
Selon la Constitution de 1972, la religion et l’Etat étaient séparés, situation remise en cause en 1988 par le 8ème Amendement à la Constitution et notamment son article 2 A qui stipule : « La religion d’Etat de la République est l’islam, mais d’autres religions peuvent être observées en paix et dans l’harmonie au sein de la République. » Les représentants des minorités religieuses demandent aujourd’hui le retour à un Etat laïque Bangladesh: Les représentants des minorités religieuses veulent le retour à un Etat laïque, manifestant un scepticisme certain quant aux chances de succès de leur démarche.
Les minorités religieuses ont pris part à la guerre d’indépendance, il y a 37 ans, et elles ne s’attendaient pas à vivre dans un système politique doté d’une Constitution institutionnalisant leur infériorité citoyenne. Depuis le vote de l’amendement de 1988, la situation faite aux minorités empire, estime-t-on.
Pour les militants des droits de l’homme et défenseurs des minorités religieuses, la difficulté avec le 8ème Amendement est qu’il est instrumentalisé par des islamistes et une partie du personnel politique. Dans un pays où l’analphabétisme demeure massif, bien des musulmans illettrés sont convaincus que « le Bangladesh est devenu un Etat islamique ». Or, si l’islam est bien religion d’Etat, l’Etat n’est pas un Etat islamique, insiste Rosaline Costa, une représentante catholique qui déplore la tension imprimée à la société par les islamistes et qui oblige, par exemple, les églises chrétiennes à demander la protection de la police lors des grandes fêtes religieuses, telles Noël. (apic/eda/pr)



