La compassion ne suffit pas face à l’extrême pauvreté
Barcelone : Message du cardinal Martino au Congrès international des médecins catholiques
Rome, 12 mai 2006 (Apic) A l’heure de la mondialisation, «la solidarité ne peut se réduire à un vain sentiment de compassion envers plus d’un milliard de personnes qui vivent dans des conditions inhumaines d’extrême pauvreté», s’est indigné le cardinal Renato Raffaele Martino dans son discours d’ouverture du 22e Congrès international des médecins catholiques. Il intervenait le 11 mai à Barcelone (Espagne), sur le thème ’les médecins catholiques et le défi de la pauvreté à l’ère de la mondialisation’.
En introduction de ce congrès de quatre jours, le cardinal Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a souligné «les inégalités évidentes dans la distribution à l’échelle mondiale des avantages et des coûts de la mondialisation, avec de graves répercussions sur la lutte contre les maladies, en particulier la malaria et le Sida». Le haut prélat a regretté que les principaux objectifs à l’horizon 2015, fixés en l’an 2000 par l’Organisation des Nations Unies (Onu), à savoir diminuer sensiblement la mortalité infantile et diviser par deux la diffusion du virus du Sida, de la malaria et des autres maladies les plus graves «soient bien loin d’être atteints».
Le cardinal italien a alors demandé aux Etats «un engagement sérieux pour le bien commun, c’est-à-dire la lutte pour le développement, l’anéantissement des maladies, l’accès à l’eau potable et une assistance sanitaire appropriée pour tous», essentiels à l’époque de la mondialisation.
La centralité de la personne humaine, un carburant
S’appuyant sur la Déclaration de Rio, le président du Conseil pontifical Justice et Paix a rappelé la nécessité de réaffirmer la centralité de la personne humaine, qu’il a définie comme «un carburant qui conduit au développement dans une société mondialisée».
La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement a été formulée par les Nations Unies en 1992 pour «établir un partenariat mondial sur une base nouvelle et équitable en créant des niveaux de coopération nouveaux entre les Etats, les secteurs-clefs de la société et les peuples». Son premier principe est de «garantir aux êtres humains une vie saine et productive en harmonie avec la nature».
Nommé récemment président du Conseil pontifical de la pastorale pour les migrants et les itinérants par Benoît XVI, le cardinal Martino participera aussi à la 17e session plénière de son dicastère du 15 au 17 mai au Vatican. Ces trois jours seront centrés sur les migrations et les itinéraires depuis et vers les pays à majorité islamique ainsi que sur la situation des chrétiens vivant dans ces pays. Interviendront, entre autres, Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Pier Luigi Celata, secrétaire du Conseil pontifical du dialogue interreligieux, Mgr Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et Maurice Bormans, professeur à l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques (Pisai). Le 15 mai, les participants seront reçus en audience par le pape. (apic/imedia/cp/bb)



