France: L’abbaye de Bassac , bientôt vendue, deviendra un centre culturel et spirituel

Bassac demeure un lieu de prière et d’étude

Angoulême, 10 octobre 2012 (Apic) L’abbaye millénaire Saint-Étienne de Bassac, près de Jarnac en Charente, va changer de propriétaire. La congrégation des frères missionnaires de Sainte-Thérèse, qui occupe les lieux depuis 1947, va vendre les bâtiments conventuels et les trois hectares de terrain à une Société civile immobilière (SCI) en cours de constitution, indique le 9 octobre 2012 le quotidien ’La Croix’. L’abbaye devrait être transformé en centre culturel et spirituel sous l’égide du diocèse d’Angoulême.

Selon le journal, l’information a été donnée, le dimanche 30 septembre, par Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, venu fêter sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à Bassac. Le diocèse d’Angoulême, mais aussi Pierre Deschamps, président des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens de France de 2006 à 2010, figurent parmi les actionnaires de la société immobilière.

«Bassac demeure et demeurera un espace de prière et de réflexion», a indiqué Mgr Dagens. L’ancienne abbaye deviendra un centre culturel et spirituel placé sous la responsabilité du diocèse. Elle comprendra également une hôtellerie monastique.

Avant que ce centre spirituel voie le jour, l’abbaye millénaire devra être restaurée. Le chantier devrait commencer avant la fin de l’année, et les travaux seront effectués sous l’égide du Service régional des monuments historiques. La rénovation des bâtiments conventuels, notamment de la toiture et des huisseries, et la mise aux normes des lieux d’hébergement seront coûteuses : entre 3 et 4 millions d’euros. Le diocèse compte sur le soutien des collectivités territoriales mais aussi sur l’aide de l’État, notamment la Direction régionale des affaires culturelles.

#L’abbaye Saint-Étienne de Bassac

L’abbaye Saint-Étienne de Bassac a été fondée en 1002 par le seigneur local au retour d’un pèlerinage à Rome. Au cours de sa longue histoire, elle a subi de multiples vicissitudes. Durant la guerre de cent ans, le comte de Derby la saccage une première fois. Elle est pillée par les troupes anglo-gasconnes en 1434. Elle est restaurée et fortifiée sous Henri de Courbon, abbé de 1451 à 1476 qui reconstruit également le logis de l’abbé et le cloître.

Elle est à nouveau pillée, par les protestants cette fois, en 1564 puis assiégée et pillée par les catholiques au moment de la bataille de Jarnac en 1569. En 1666, l’abbaye est affiliée à la nouvelle congrégation bénédictine de Saint-Maur, c’est à cette époque que sont entrepris de vastes travaux de reconstruction des bâtiments conventuels.

À la Révolution française, les moines, peu nombreux, sont chassés, les bâtiments vendus comme biens nationaux et l’abbatiale devient l’église paroissiale. Elle est classée monument historique en 1880.

La restauration de la vie religieuse se fait en en 1947. La Congrégation des frères missionnaires de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, fondée par le Père Gabriel Martin, rachète progressivement les bâtiments conventuels de l’ancien monastère et les restaure. C’est aujourd’hui cette congrégation qui n’a plus les ressources matérielles et humaines pour l’entretenir qui la cède.

(apic/cx/mp)

10 octobre 2012 | 10:42
par webmaster@kath.ch
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