La dégradation des conditions de travail interroge la CEPO

Belgique: Assemblée de la Commission d’Etude et de Pastorale Ouvrière

Namur, 20 juin 2000 (APIC) La Commission d’étude et de Pastorale Ouvrière (CEPO) a tenu son assemblée générale annuelle le 16 juin à Namur et a consacré sa réflexion à la dégradation des conditions de travail aujourd’hui.

Philippe Tinant, responsable de la FEC, service de formation des syndicats chrétiens à Namur, a d’abord évoqué une enquête menée par la FEC avec le bureau d’études indépendant Sonecom. Les résultats sont significatifs: près de 80% des travailleurs se plaignent d’un manque de reconnaissance dans leur entreprise et près de 70% d’un travail en sous-effectif.

Près d’un ouvrier sur deux avoue un sentiment de peur et un sur trois sent la menace permanente d’un licenciement. Or, l’amour et la fierté du travail restent des valeurs cotées à 8 sur 10. Pour 90 % des sans-emplois, le chômage est une grosse cause de tracas et de stress: on est donc loin du cliché du chômeur qui se complairait dans sa situation.

Quelques défis pour l’aumônerie et pour l’Eglise ont été dégagés au fil d’un débat. Tout d’abord, le chômage reste à dénoncer comme «une lèpre dans la société», tant il exclut des milliers de personnes de l’accès normal à des ressources, de possibilités d’intégration sociale et de valorisation personnelle. La situation est particulièrement grave pour les jeunes de milieu populaire. Le chômage accroît aussi la difficulté de l’embauche et la dureté des conditions de travail, estiment bien des organisations syndicales.

Le premier défi que lance cette situation à la pastorale ouvrière et aux communautés chrétiennes, selon la CEPO, est de se mettre à l’écoute des personnes concernées et de leur donner la parole, à commencer par les personnes du monde populaire. C’est dans l’échange et la rencontre que des moyens d’action devront être dégagés, qui conforteront la solidarité avec les victimes en renforçant leur rôle d’acteurs. (apic/cip/pr)

20 juin 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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