Belgique: Débat à l’Université catholique de Louvain sur l’euthanasie

«Légaliser l’euthanasie serait imprudent et dangereux»

Louvain-la-Neuve, 2 février 2000 (APIC) L’Université Catholique de Louvain a pris position le 31 janvier sur les questions soulevées par l’adoption éventuelle d’un loi sur l’euthanasie en Belgique. «Il est imprudent de vouloir légaliser l’euthanasie alors que le devoir fondamental des soins continus entre à peine dans les moeurs hospitalières», estime l’UCL, dans un texte signé par son recteur Marcel Crochet et par les directeurs de ses deux Cliniques universitaires à Bruxelles et à Mont-Godinne.

L’UCL ne juge pas souhaitable le vote d’un proposition de loi en l’absence «de débats francs et bien informés». Ceux-ci ne peuvent escamoter, souligne-t-elle, les aspects socio-économiques très concrets qui risquent de fragiliser la position de certains patients par rapport à d’autres. Il n’est pas non plus suffisant, pour l’UCL, de réserver les décisions graves au colloque singulier entre médecin et patient, alors que les problèmes de la médecine moderne, avec quantité de situations inédites, réclament l’échange collégial. Aux points de départ et d’arrivée, l’UCL plaide surtout pour «une éthique positive, foncièrement orientée vers les intérêts du patient».

Les questions soulevées par l’adoption éventuelle d’une loi sur l’euthanasie ont fait l’objet de débats approfondis au sein de l’UCL, rappellent le recteur Marcel Crochet et les directeurs des deux Cliniques universitaires, Edgard Coche, directeur médical des Cliniques Saint-Luc à Bruxelles et Patrick De Coster, médecin directeur des Cliniques de Mont-Godinne. Tout en poursuivant les recherches, les membres de l’Unité d’Ethique Biomédicale attachée à la Faculté de Médecine de l’UCL ont préparé divers textes qui ont été soumis au Comité Consultatif de Bioéthique instauré par le gouvernement.

En raison de leur responsabilité morale des valeurs qu’elles prônent et de situations auxquelles elles sont confrontées, l’UCL et les Cliniques Universitaires estiment qu’elles ont l’obligation d’intervenir dans le débat. Mais, précisent-elles, leur intervention n’a de sens que si elles agissent en toute autonomie et en l’absence de toute influence politique.

D’une même voix

Les deux Conseils d’Administration approuvent sans réserve les prises de position des délégués de l’Université au Comité Consultatif, soulignent encore le recteur de l’UCL et les deux directeurs des Cliniques. Ils s’associent aux conclusions du texte préparé à leur demande par les professeurs Botbol-Baum, Cassiers et Dupuis. (apic/cip/pr)

2 février 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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