5.000 enfants concernés par la requête des Témoins de Jéhovah

Belgique: Demande d’exemption des cours de religion et de morale

Bruxelles, 18 mars 1998 (APIC) Les Témoins de Jéhovah de Belgique demandent que leurs enfants soient exemptés des cours de religion et de morale. Ils se basent sur un arrêt pris le 10 juillet 1990 par la 4e Chambre flamande du Conseil d’Etat. Cette dernière avait donné raison à un père de famille qui récusait pour sa fille tout cours de religion et même un cours de morale non confessionnelle.

L’avant-projet de décret portant sur l’organisation de l’enseignement maternel et primaire en Communauté française de Belgique continue de provoquer des réactions quant à l’organisation des cours de religion et de morale. Les témoins de Jéhovah ont récemment fait savoir qu’ils demandaient à la ministre de l’Education Laurette Onkelinx que leurs enfants soient dispensés de ces cours dits «philosophiques».

La demande des Témoins de Jéhovah n’est pas nouvelle. Elle s’appuie sur une possibilité d’exemption reconnue en Communauté flamande pour proposer qu’il en soit désormais de même en Communauté française. En clair : «que les enfants témoins de Jéhovah, obligés de fréquenter l’un de ces cours, dont le contenu est en opposition avec leurs convictions religieuses, puissent en être exemptés s’ils le demandent», précise un communiqué de la «Congrégation chrétienne des Témoins de Jéhovah».

En Flandre, on admet qu’un témoin de Jéhovah, dont le culte n’est pas reconnu en Belgique, ne peut être astreint à suivre le cours d’une des six religions reconnues (quatre confessions chrétiennes: catholique, protestante, anglicane, orthodoxe ainsi que le judaïsme et l’islam). Mais à défaut de cours de religion, il n’y a pas d’inconvénient, pensait-on, à inscrire un élève dans un cours de morale, puisqu’il est non confessionnel.

Le Conseil d’Etat a estimé qu’un cours de morale où l’on prône le principe du libre examen et le refus de soumission de la pensée à «autre chose qu’aux faits» peut être interprété comme une attitude «antireligieuse» par quelqu’un qui n’admet d’autre Loi suprême que celle d’un Dieu Créateur. Du coup, quoique respectant les principes de non discrimination établis par le Pacte Scolaire de 1959, le fait d’imposer ne fût-ce qu’un cours de morale non confessionnelle à un témoin de Jéhovah entre en contradiction avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme, ratifiée par la Belgique en 1955.

Selon les Témoins de Jéhovah, la proposition d’exemption d’un cours de religion ou de morale concerne 5000 élèves en Communauté française. En outre, soulignent-ils, «cette liberté de choix étendue aux enfants professant des convictions religieuses minoritaires relevant de cultes non reconnus en Communauté française s’inscrirait pleinement dans la philosophie des discriminations positives» prônées par la ministre de l’Education.

Cela pourrait même permettre à Laurette Onkelinx, ajoutent-ils, «de faire les économies souhaitées sans devoir restreindre les conditions d’organisation et de viabilité des cours de religions minoritaires». Allusion explicite est faite aux 700 élèves protestants et à quelques centaines d’autres élèves juifs, orthodoxes et musulmans.

Les Témoins de Jéhovah annoncent en Belgique quelque 25.000 fidèles baptisés. Un chiffre analogue est cité dans le rapport publié en 1997 par la Commission d’enquête parlementaire sur les sectes. Les Témoins disposent de 220 édifices de culte à travers le pays. (apic/cip/ab)

3 mai 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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