Belgique: efficacité des «Iles de Paix» en terre africaine (120194)

Nouvelle campagne pour de nouvelles solidarités

Bruxelles, 12janvier(APIC) 20.000 bénévoles vont sillonner la Wallonie et

Bruxelles du 14 au 16 janvier pour vendre les fameux «modules» qui symbolisent depuis plusieurs années les liens de solidarité que tissent les Iles

de Paix par leurs projets de développement intégré. Les projets en cours se

situent à Yalogo au Burkina Faso, à Bolama en Guinée-Bissau et à Tombouctou

au Mali. Trois Iles de Paix africaines dont l’évolution fait mentir les

clichés fatalistes sur le continent noir. «Car l’Afrique bouge. Pour qui

regarde bien, elle offre même un spectacle rassurant!», affirme Jean-Philippe Platteau, président de l’organisation.

Douze ans après le démarrage le l’Ile de Paix de Yalogo au Burkina Faso,

un périmètre irrigué à partir d’un lac permet désormais la culture du riz

sur 150 hectares. Le projet concerne déjà 500 agriculteurs et 91 agricultrices. Il passera cette année à 200 ha. Des puits maraîchers ont aussi été

construits, au rythme de 5 à 10 par an. Une lutte contre l’érosion, lancée

depuis 1986, s’étend actuellement sur 1000 ha et un travail de sensibilisation va se poursuivre en vue d’une politique progressive de reboisement.

Parallèlement, l’école de Yalogo a été rénovée et agrandie, une pharmacie a

été construite, ainsi que dix postes de santé primaire.

L’Ile de Paix la plus récente a été lancée en 1986 à Bolama, dans un archipel de Guinée-Bissau. Les animateurs de l’Ile de Paix ont créé un petit

chantier naval et forment des charpentiers de marine. En un an, un premier

bateau de transport de 15 mètres a été construit et mis à l’eau. Une vingtaine d’autres ont suivi. D’ici 1995, les programmes de l’Ile de Paix permettront d’équiper et de former une centaine de pêcheurs.

Quant à l’Ile de Paix de Tombouctou, la plus ancienne d’Afrique, lancée

deux ans après la grande sécheresse de 1973 dans le Sahel, on y a aménagé,

dans la plaine de Korioumé et grâce à l’eau du fleuve Niger, un périmètre

irrigué de 550 ha pour la culture du riz. Une production annuelle et régulière de 3 tonnes de riz à l’hectare contribue à l’autosuffisance alimentaire des 5’500 personnes la région. Korioumé a fait tache d’huile: à présent, 2.500 ha sont exploités en culture d’irrigation et 450 paysans sont

regroupés dans la première coopérative agricole du Mali.

Les trois projets en cours en Afrique visent l’autonomie des populations

locales en favorisant, dans la concertation et le respect des identités

culturelles, une meilleure maîtrise des problèmes économiques et sociaux.

(apic/cip/pr)

12 janvier 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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