L’Eglise catholique de Belgique perd l’un de ses grands théologiens
Belgique: Expert au Concile Vatican II, Mgr Gustave Thils est décédé à Louvain
Louvain-la-Neuve, 20 avril 2000 (APIC) Mgr Gustave Thils, un des théologiens belges experts au Concile Vatican II, est décédé le 12 avril à Louvain, à l’âge de 91 ans, indique jeudi l’Agence CIP à Bruxelles. Ses funérailles ont eu lieu dans l’intimité. Une eucharistie à la mémoire du théologien défunt, qui enseigna durant trente ans à la Faculté de Théologie de l’UCL, sera célébrée le 11 mai à Louvain-la-Neuve.
Né à Etterbeek (Bruxelles), le 3 février 1909, Gustave Thils fut ordonné prêtre à Malines le 26 décembre 1931. Il poursuivit ses études à la Faculté de Théologie de Louvain et devint maître en théologie en 1937. Le jeune maître en théologie étonnait déjà par ses nombreuses qualités. Beaucoup les reconnaîtront, au fil des années, à ses diverses publications comme à son enseignement: une information sûre et documentée, une attention constante à l’évolution historique, une perception fine des enjeux et donc une capacité d’anticipation sur les problèmes à venir et à résoudre.
La réflexion de Gustave Thils déboucha sur un ouvrage qui allait être une référence pour de nombreuses années: «Théologie des réalités terrestres» (1946). Cette réflexion ne sera pas sans influence sur la quatrième constitution conciliaire, promulguée 19 ans plus tard, au terme de Vatican II: «Gaudium et Spes», un document majeur sur «L’Eglise et le monde de ce temps».
Les 2000 pièces léguées par Mgr Thils au fonds d’archives conciliaires géré par à Louvain-la-Neuve par le Centre «Lumen Gentium» sont là pour attester les contributions décisives de cet expert notamment à la constitution dogmatique de Vatican II sur l’Eglise (»Lumen Gentium»), à la constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Sans parler des éclairages judicieux fournis aux évêques sur diverses questions traitées en commission ou en assemblée.
Au lendemain du concile, la préoccupation de ce grand théologien de l’Eglise et de l’oecuménisme qu’est devenu Mgr Thils s’étendra à un nouveau champ: le dialogue avec les religions non chrétiennes.
Nombreuses oeuvres
A sa «retraite», il poursuivra son œuvre. Pendant près de vingt ans, il allait encore fourni des contributions régulières notamment à la «Revue Théologique de Louvain» ou à ses «Cahiers» de cette revue, dont il a aussi assumé la direction. Elles ont touché à nouveau des sujets côtoyés tout au long d’une carrière académique: la mission et la spiritualité des laïcs chrétiens, le ministère des prêtres, la place de l’Eglise et le rôle de l’Etat dans les sociétés contemporaines, le rôle du magistère ecclésiale et la fidélité au magistère. Il est tentant de voir dans ses dernières publications les marques d’une double attention que Mgr Thils aura cultivée jusqu’à la fin: «Les doctrines théologiques et leur évolution»; «La communauté ecclésiale. Son statut et sa vie» (1995). L’Eglise catholique de Belgique vient de perdre un de ses grands théologiens. (apic/cip/pr)



