L’analyse du nonce à Bruxelles, Mgr Karl-Josef Rauber

Belgique: L’anticléricalisme et les médias à l’origine des critiques contre le pape

Wurtzbourg, 22 avril 2009 (Kipa) Le nonce apostolique en Belgique et au Grand Duché du Luxembourg, Mgr Karl-Josef Rauber, rend en partie responsables les médias et un certain anticléricalisme pour la récente détérioration des relations entre la Belgique et le Vatican. Au début avril, tous les partis belges à l’exception de l’extrême droite avaient voté une résolution demandant au gouvernement de protester officiellement contre les propos tenus par le pape Benoît XVI en Afrique concernant le préservatif.

Après l’intervention de l’ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège à ce propos, la Secrétairerie d’Etat du Vatican avait réagi vivement à cette démarche «inhabituelle dans les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Belgique». Elle a déploré qu’une «assemblée parlementaire ait cru bon de critiquer le Saint-Père sur la base d’un extrait d’interview tronqué et isolé de son contexte, qui a été utilisé par certains groupes avec une claire intention intimidatrice, comme pour dissuader le pape de s’exprimer sur certains thèmes, dont les implications morales sont pourtant évidentes, et d’enseigner la doctrine de l’Eglise».

Dans une interview accordée le 21 avril au journal allemand «Tagespost» de Wurtzbourg, Mgr Rauber avoue ne pas comprendre la démarche parlementaire belge contre les récents propos du pape sur le préservatif lors de son récent voyage en Afrique. Le pape Benoît XVI, explique l’actuel ambassadeur du Saint-Siège à Bruxelles, ne s’est pas exprimé en Belgique, ni dans un ancien territoire colonial belge comme le Congo ou le Burundi, mais lors de son déplacement au Cameroun.

Le nonce décèle dans cette polémique une pointe d’anticléricalisme. «On peut sûrement ici parler de forces qui ne s’orientent pas d’après la doctrine morale de l’Eglise», lance-t-il pour expliquer l’escalade qu’a causée cette affaire. Il y a certainement aussi eu un malentendu concernant ce qu’a dit le pape, ses propos ayant été sortis de leur contexte.

«Les médias en sont responsables pour ne pas avoir publié l’entièreté du texte, mais seulement une partie». Aux yeux de l’archevêque Rauber, la publication de ces paroles tronquées ont été la cause de l’escalade, bien qu’ensuite au cours des débats, le texte correct a été cité et quelques députés ont pris la peine de remettre les paroles papales dans leur contexte. «Malgré tout, poursuit Mgr Rauber, un certain anticléricalisme a joué un rôle».

Et le journal catholique allemand de relever que les conflits entre Rome et la Belgique ne sont pas nouveaux, notamment dans le domaine de la recherche en bioéthique, comme le montrent les questions de la fécondation in vitro ou celle de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, lancées aux Universités catholiques de Louvain francophone (UCL) et flamande (KULeuven).

Le nonce précise qu’il y a naturellement toujours, dans le domaine de la bioéthique, une tension entre le progrès de la science et la conscience que l’on est une Université catholique. Et il reconnaît que l’Université catholique, pour ne pas perdre des étudiants, doit aussi tenir compte de la «concurrence» représentée par exemple par l’Université Libre de Bruxelles (ULB), qui n’a pas à s’en tenir aux principes de la morale catholique. (apic/kna/tpost/be)

22 avril 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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