Belgique: L’œcuménisme au centre du débat dans la revue «Louvain», de l’UCL
Louvain-la-Neuve, 20 septembre 2001 (APIC) «Louvain», la revue mensuelle de l’Université catholique de Louvain (UCL), consacre son dossier d’octobre au dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans. Sous le titre «L’oecuménisme à la croisée des chemins», ce dossier vise à favoriser le dialogue interreligieux et à ouvrir le débat.
Juifs, chrétiens et musulmans sont tous fils d’Abraham et sont attachés à la Ville Sainte de Jérusalem. Bichara Khader, Belge d’origine palestinienne, qui anime à l’UCL le Centre d’études et de recherche sur le monde arabe, se méfie «des cyniques qui prétendent dépouiller Jérusalem de son caractère sacral». Mais il juge «insupportable de continuer à utiliser Jérusalem comme emblème spirituel et national, comme bannière pour laquelle les peuples s’entre-tuent». Débrouillant l’écheveau historique, il montre que nul ne saurait aujourd’hui «confisquer Abraham» ni «invoquer une quelconque antériorité historique d’une religion pour justifier un contrôle exclusif» sur Jérusalem.
Deux mille ans après Jésus, juifs et chrétiens restent profondément séparés. Malgré des progrès, leur dialogue fait encore problème, écrit pour sa part Albert Guigui, grand rabbin de Bruxelles. Les chrétiens admettent-ils que «le juif n’a pas besoin du christianisme pour être juif»? Or, l’inverse n’est pas vrai. Le rapport aux sources communes est très différent. Alors, qu’on en débatte: «Il vaut mieux se respecter dans la divergence que se rencontrer dans la démission».
Théologien catholique, le Père Jacques Dupuis ne croit pas au dialogue interreligieux facile, malgré les réserves que le Vatican a pu émettre à l’égard de son livre «Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux» (1997). Il est insuffisant, souligne-t-il, de présenter les juifs, les chrétiens et les musulmans comme des adeptes d’une religion dite monothéiste. Car leur Dieu n’est pas n’est pas le grand architecte du monde qu’ont imaginé les philosophes déistes. C’est un Dieu qui se révèle dans l’histoire, dans les événements vécus. D’où l’importance d’un retour à la foi d’Abraham: «C’est à cette source qu’il faut chercher le fondement théologique du dialogue entre les trois religions monothéistes».
«Le voile de l’intégrisme»
«Le voile contre l’intégrisme» est le livre que prépare Mina Bouselmati, sociologue belge d’origine marocaine, formée à l’UCL, où elle a également décroché une licence en sciences des religions. Sa formation l’a aidée à marier l’esprit critique et la conviction pour porter la cause de l’islam jusqu’au sein de l’exécutif des musulmans de Belgique, dont elle est la première femme élue. Elle sait combien l’islam peut être secoué par la modernité. Mais elle voit déjà pointer dans l’islam «une forme originale et innovante» du rapport entre la religion et la société, moyennant une confrontation «avec les paradoxes de l’expérience religieuse et de l’expérience sociale».
Inde: Famine dans la région de Kashipur
Une vingtaine de morts déjà… dans l’indifférence
New Delhi, 20 septembre 2001 (APIC) Plus de vingt personnes sont mortes de faim dans l’indifférence générale depuis le mois d’août dans la seule région de Kashipur (district de Rayagada) dans l’Orissa, en raison de la famine. Les habitants en sont réduits à faire bouillir des noyaux de mangues pour survivre. Des villageois de Gajapati seraient aussi durement touchés par la famine.
Une organisation religieuse d’entraide, «Weaker-sections Integral Development Agency» (WIDA), gérée par l’Eglise évangélique luthérienne de l’Inde, qui regroupe 11 Eglises luthériennes, a déjà` distribué des vivres pour deux semaines – céréales, riz et autres produits de base – à 160 familles des villages les plus touchés de la région de la région de Kashipur. Mais il en faut encore plus, estiment les organismes d’entraide.
«Nous appelons nos agences partenaires à soutenir une plus grande opération car la population a désespérément besoin de nourriture», a déclaré Stanley William, directeur de WIDA, à l’Agence œcuménique ENI.
Par ailleurs, le Service d’action sociale des Eglises (CASA) – organisation d’action sociale regroupant 24 Eglises protestantes et orthodoxes – s’est associé au programme du gouvernement «Food for Work» (Nourriture contre travail) dans les régions touchées par la famine.
Colère
Des villageois en colère ont jeté au début de septembre des noyaux de mangues sur le passage du cortège du Premier ministre de l’Orissa, Naveen Patnaik, lors de sa visite dans la région, après la publication de rapports de presse qui ont fait le récit d’une famille de quatre personnes mortes après avoir mangé du gruau de noyaux de mangues.
«Les noyaux de mangues sont savoureux. Vous pouvez en manger», ont crié les villageois au Premier ministre. Le gouvernement continue de prétendre que les habitants préfèrent les noyaux de mangues au riz et au blé.
«Les gens de Kashipur n’ont ni argent ni travail. Il n’y a absolument pas de nourriture dans la région. Et les gens mangent ce qu’ils peuvent trouver», a fait observer Stanley William. Selon Moses Frederic Hial, secrétaire de l’Eglise évangélique luthérienne de Geypore, «les gens n’ont aucune option, si ce n’est celle de manger des noyaux de mangues». (apic/eni/pr)



