Belgique: La brochure de Pâques du cardinal Danneels

«Pardonner, effort de l’homme, don de Dieu»

Bruxelles, 1er avril 1998 (APIC) «Ce ne sera plus jamais comme avant!», dit-on devant l’irréparable. Le cardinal Godfried Danneels reprend la formule, dans sa brochure de Pâques, mais en transforme le sens. L’archevêque de Malines-Bruxelles médite sur le pardon, grâce auquel de nouvelles relations sont possibles. Raison de plus, suggère-t-il, pour ne pas le ranger au rayon de la religion.

Pardonner? Ce n’est jamais évident. Comment parler de pardon aux parents d’enfants abusés, à l’épouse d’un convoyeur de fonds assassiné, au conjoint ou à l’ami trompé…? Le cardinal Danneels sait qu’il prend un risque en centrant son message de Pâques sur le pardon. Mais il lève d’emblée quelques malentendus: pas question de pardonner pour étouffer quoi que ce soit, ni pour esquiver les exigences du droit et de la justice. Et pourtant!… La société et les relations humaines seraient-elles vivables sans pardon? L’archevêque croit plutôt qu’elles seraient livrées au cycle infernal des représailles, à la paralysie et au stress.

Ni oubli, ni tour de force

«Je veux bien lui pardonner, mais oublier, ça jamais!» Le cardinal Danneels ne donne pas tort à la sagesse populaire. Pardonner n’est pas oublier. Ni renoncer à ses droits: ce serait une «fausse tolérance», irrespectueuse pour la victime, et d’ailleurs pour le coupable, dont la faute minimisée semblerait dire qu’on ne croit pas l’être humain capable ni digne de mieux. Le pardon n’est pas pour autant le fruit d’une prouesse. Il prend du temps parce qu’il engage toute la personne, généralement blessée dans tout son être. Le pardon est donc un acte humain exigeant. L’archevêque en éclaire plusieurs composantes, qui sont autant de pistes à creuser: ne pas enclencher le «boomerang des représailles», oser regarder «le côté obscur de soi-même», ne pas rester seul avec sa blessure, déterminer où se trouve la faute, pouvoir se pardonner à soi-même.lMais ce qui rend l’amour possible, c’est d’être aimé soi-même. On se découvre capable de pardon quand on fait l’expérience de le recevoir. Il s’agit plutôt, montre le cardinal, d’entrer dans le mouvement de l’amour reçu: un amour si fort qu’il imprègne les relations humaines de bonté, de vérité, de justice, à l’exemple même de ce que Jésus montre par toute sa vie.

La brochure conduit ainsi le lecteur à découvrir le pardon à travers «un pèlerinage du coeur». La brochure, illustrée par des peintures bibliques de Francesca Guerrier (France), se conclut par quelques «prières pour le temps de la miséricorde». (apic/cip/pr)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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