Dixième Conseil international à Bruxelles
Belgique: La Jeunesse Ouvrière Chrétienne fête ses 75 ans
Bruxelles, 24 avril 2000 (APIC) La Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) attend plus de 5’000 personnes à Bruxelles le 30 avril pour une journée de fête à l’occasion de ses 75 ans. Le soir s’ouvrira en outre le Conseil international de la JOC, dont plusieurs délégués seront présents en Belgique dès le 20 avril pour une semaine d’échanges, puis des rencontres continentales.
C’est la première fois que le Conseil International de la JOC se tient en Belgique. Il aura lieu du 3 au 21 mai à Dworp, en bordure de la région bruxelloise. Cette rencontre au sommet est organisée tous les quatre ans dans un continent différent. Quelque 120 délégués venus des cinq continents et d’une cinquantaine de pays participeront aux travaux.
Tous ces délégués seront accueillis dès le 20 avril dans divers pays d’Europe par les mouvements jocistes nationaux. La JOC wallonne et bruxelloise et sa soeur jumelle flamande, la KAJ, accueilleront chacune une douzaine de jocistes africains pour une semaine d’échanges d’expériences et de découverte des réalités locales vécues par les jeunes: en famille, à l’école, dans le travail, dans les loisirs…
Après cette semaine d’échanges dans le pays d’accueil, tous les délégués se réuniront par continent durant une semaine afin de préparer leur participation au Conseil international.
Pour sa dixième édition, le Conseil International de la JOC sera essentiellement centré sur l’objectif qui a déjà été décidé pour une grande campagne internationale: «Un travail juste pour toutes et pour tous». Une campagne pour «un travail juste» sera également lancée.
Le président de la JOCI n’exprime pas d’abord un point de vue européen, mais synthétise les constats dressés au plan mondial par les équipes internationales de la JOC. «Un quart des travailleurs de la planète, soit 500 millions de personnes, exercent une activité qui n’est jamais reprise dans les statistiques officielles. Et pour cause: ces travailleurs ne sont pas déclarés. Donc ils ne bénéficient pas d’une protection sociale, ni des droits que leur confère la législation sur le travail. Ce sont, dit-on, des travailleurs du secteur ’informel’. Leur sort est comparable à celui des chômeurs. Leurs salaires sont dérisoires et leur vie quotidienne a pour compagne permanente l’insécurité». La JOCI reconnaît que le «secteur informel» peut constituer une planche de survie dans un pays à croissance économique faible, voire en régression.
75 ans après Cardijn
C’est aux intuitions d’un prêtre bruxellois, l’abbé Joseph Cardijn (1882-1967), fait cardinal à la fin de sa vie, que la JOC doit son existence. Joseph Cardijn avait 30 ans quand il découvre en 1912 comme vicaire de paroisse à Laeken la situation de jeunes travailleurs, spécialement des apprenties exploitées dans les métiers de la confection. Avec ces jeunes couturières, il met sur pied une première section d’une jeunesse syndicale affiliée au «Syndicat de l’aiguille». En deux ans, 89 travailleuses s’y inscrivent. Après la première guerre mondiale, J. Cardijn se préoccupe davantage des garçons. Avec quelques jeunes travailleurs comme Jacques Meert, Fernand Tonnet, Paul Garcet et Jan Schellekens, il fonde la Jeunesse Syndicaliste. C’est seulement à partir de 1924 que le mouvement s’étend dans le pays sous le nom de «Jeunesse Ouvrière Chrétienne».
Les statuts de la JOC seront adoptés en 1924; ceux de la branche féminine (JOCF) en 1925. L’abbé Cardijn aura reçu entre-temps un appui décisif du pape Pie XI auquel il a eu l’occasion en mars 1925, d’exposer son projet d’action catholique spécialisée.
Lors du 50e anniversaire de la JOC en 1975, le mouvement est cependant secoué par des tensions internes, où se répercutent les effets d’une mutation plus globale de la société: présence moins massive du monde ouvrier, perte d’influence de l’Eglise sur la société, radicalisation d’options qui ne sont plus partagées par tous… On le constate en Belgique, mais aussi à l’étranger.
Divergences et tensions
Lors de leur 5e Conseil international, tenu à Linz en Autriche en 1975, les responsables de la JOC adoptent une «Déclaration de Principes» qui doit servir de charte au mouvement. Mais les changements de structure et de ligne d’action précipitent l’affirmation des divergences au sein du mouvement. Les JOC de France, d’Italie, d’Angleterre et de Malte font sécession et créent une nouvelle coordination, qui seule sera reconnue officiellement par le Vatican en 1986: la Coordination Internationale des JOC ou CIJOC.
L’autre branche du mouvement continuera à s’appeler JOC Internationale ou JOCI. «Depuis quatre ans, explique H. Alves, la JOCI a pris diverses initiatives pour renouer le dialogue avec la CIJOC. Nous avons invité à notre dernier Conseil international des représentants de la CIJOC, mais ils ne sont pas venus. Nous avons demandé à assister à leur propre Conseil international, ce qui ne nous a été accordés que difficilement. Et lors de ce Conseil, la CIJOC a pris des décisions non favorables au dialogue. Depuis, même des résolutions pour le dialogue votées au sein de la Conférence des Organisations Internationales Catholiques (OIC), ont été refusées par la CIJOC. Les contacts ne subsistent qu’entre les personnes». (apic/cip/pr)



