L’Eglise ne protège pas ses prêtres pédophiles

Belgique: Le cardinal Danneels se défend de toute immixtion dans le cours de la justice

Bruxelles, 29 août 1997 (APIC) Un dossier à traiter «avec circonspection»: c’est ce que recommandait le cardinal Godfried Danneels dans une lettre à Claude Lelièvre, Commissaire général aux droits de l’enfant, à propos du cas d’un prêtre pédophile de son archidiocèse. Pour infléchir le cours de la justice ? Le cardinal s’en défend dans un communiqué publié vendredi. Non, l’Eglise ne protège pas les prêtres pédophiles, répète-t-il.

Le cardinal Danneels fait savoir qu’il a effectivement reçu une lettre confidentielle de M. Claude Lelièvre concernant un prêtre pédophile. Le cardinal a transmis ce dossier à son évêque auxiliaire, Mgr Paul Lanneau, responsable de la pastorale de Bruxelles. Celui-ci a reçu le prêtre concerné et lui a demandé explicitement si un acte blâmable s’était passé. Le prêtre a formellement nié s’être rendu coupable d’un acte répréhensible.

Il est dès lors logique que ce fait ait été communiqué à M. Lelièvre dans une lettre confidentielle et que le cardinal ait demandé de traiter le dossier avec circonspection. Il ne s’agit en rien d’une immixtion dans une procédure judiciaire, estime l’archevêché de Bruxelles. «Ni le cardinal, ni aucun de ses collaborateurs, ne sont intervenus en aucune manière par la suite dans ce dossier et ils ne le feront pas non plus dans le futur.»

Pour le cardinal, la justice doit faire son oeuvre et il ne peut y avoir de justice spéciale pour les prêtres. L’archevêché souligne par ailleurs qu’il a prêté son concours à l’enquête judiciaire en cours, en mettant à la disposition de la Justice les informations et les dossiers dont il disposait. «Il serait dès lors totalement faux et malhonnête d’affirmer que l’Eglise exerce une pression pour étouffer cette affaire ou pour protéger l’intéressé», relève Mgr Danneels.

Pas plus qu’il n’est correct de présenter comme un «étouffoir» le point de contact qui sera opérationnel à partir de lundi prochain pour recueillir les plaintes au sujet d’abus sexuels commis dans les relations pastorales. «Ce point de contact est pris en charge par des personnes indépendantes et qu’aucun prêtre ne fait partie de l’équipe qui y travaille», souligne le cardinal (apic/cip/mp)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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