Belgique: Le Conseil interdiocésain des laïcs critique l’Instruction romaine sur les laïcs

«Ne risque-t-on pas de provoquer le découragement de beaucoup?»

Bruxelles, 21 décembre 1997 (APIC) Le Conseil interdiocésain des laïcs (CIL), organe majeur de concertation des catholiques francophones en Belgique, prend ses distances, comme l’ont fait plusieurs évêques étrangers, avec la dernière Instruction romaine «sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres» La déclaration du CIL, publiée vendredi dernier, considère entre autres que le «rappel disciplinaire exprimé par l’Instruction du Vatican s’appuie sur des normes devenues largement inadéquates en de nombreux endroits de l’Eglise».

Cette déclaration a été préparée par le Comité de politique générale du CIL, conformément au souhait exprimé le 13 décembre dernier par l’assemblée générale du Conseil qui, après avoir été informé des principales dispositions contenues dans l’Instruction du Vatican, s’est prononcée pour une prise de position publique.

«Tout en reconnaissant les services importants rendus par de nombreux laïcs, le document romain ne rend pas vraiment justice à la dynamique positive vécue par de multiples communautés qui, dans l’esprit du deuxième Concile du Vatican et appuyées par leurs évêques, ont favorisé la participation active d’un nombre croissant de baptisés», estime-t-on au CIL.

Les premières réactions exprimées à Namur face à la récente Instruction laissent, en tout cas, pointer deux questions : «Fallait-il, prenant occasion de l’un ou l’autre excès, jeter le soupçon sur l’engagement désintéressé de milliers d’hommes et de femmes qui se consacrent à l’animation des communautés catholiques en assumant de multiples services, sans aucun désir de se substituer aux prêtres ? Ne risque-t-on pas ainsi de provoquer le découragement de beaucoup ?»

«Ministres sacrés»: une conception bien peu évangélique

Dans sa conclusion, l’Instruction romaine se défend de vouloir préserver «des privilèges cléricaux», observe la déclaration publiée à Bruxelles. Mais le CIL poursuit : «cette Instruction reflète pourtant moins la nécessité d’obéir à la volonté du Christ» que la volonté de maintenir la distance entre «les ministres sacrés» dont on souligne le «pouvoir sacré» (notion bien étrangère au Nouveau Testament), et tout un peuple d’exécutants qu’on veut bien admettre comme «collaborateurs». Dans notre contexte culturel comme dans beaucoup d’autres, cette image d’une Eglise qui se replie sur elle-même et dont la hiérarchie multiplie les interdits fait obstacle à l’action libératrice de l’Evangile, seule justification de l’existence même de l’Eglise».

C’est pourquoi le CIL «se réjouit de la prise de position de certains évêques qui, en divers pays, ont pris leurs distances par rapport à ce document et comptent bien continuer d’accueillir de façon positive la créativité de leur Eglise locale». Le CIL souhaite que les évêques de Belgique «fassent eux aussi entendre sur le sujet une parole claire, en cohérence avec les pratiques qui se vivent sur le terrain». Il leur a écrit en ce sens. La déclaration du CIL se termine par une citation de l’Evangile : «Le sabbat est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat» (Mc 2,27). (apic/cip/ba)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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