Soutien financier pour les soins palliatifs
Belgique: Le Conseil Interdiocésain des laïcs lance un appel à la réflexion sur l’euthanasie
Namur, 23 décembre 1998 (APIC) Le Conseil Interdiocésain des Laïcs (CIL), organe majeur de concertation des laïcs catholiques en Belgique francophone, vient de lancer un «appel à la réflexion» sur l’euthanasie. Il réclame en outre un soutien financier pour les soins palliatifs, qu’il voudrait voir «développés et généralisés».
Cet «Appel à la réflexion» sur l’euthanasie a été adopté le 12 décembre à Namur lors de la dernière assemblée trimestrielle du CIL. Le président du CIL, Bernard Crespin, s’est réjoui de voir que ce document de cinq pages, préparé par une commission de travail, a reçu l’approbation quasi-unanime de l’assemblée, alors que le Parlement belge avait entamé le débat sur l’euthanasie.
L’euthanasie a fait l’objet d’une longue réflexion des évêques de Belgique dans leur Déclaration de février 1994 sur «L’accompagnement des malades à l’approche de la mort». Le souci de soulager la souffrance au risque d’abréger la vie est clairement distingué de «l’euthanasie», définie comme «intervention active (…) dans le but de mettre fin à la vie du malade».
Les évêques écrivent à ce propos: «Une chose est d’administrer des médicaments qui combattent la douleur en phase terminale d’une maladie, au risque de hâter la mort du patient, autre chose est d’en administrer des doses mortelles. Dans les deux cas, il s’agit de dissiper la douleur du malade. Mais, dans le premier cas, on rapproche involontairement le moment de la mort par le fait de médicaments efficaces contre la douleur, tandis que, dans le deuxième cas, on fait mourir de manière délibérée pour que le malade ne souffre plus». En lançant son appel à la réflexion sur l’euthanasie, le CIL s’est visiblement inspiré de la réflexion des évêques. Avec eux, il plaide d’abord pour une réflexion sur la réalité et sur le sens de la mort, trop souvent escamotés. Il refuse aussi fermement toute «peine de mort».
Optimisme non partagé
Le CIL souligne en outre toute l’importance des soins palliatifs comme prise en charge globale des personnes souffrant d’une maladie inguérissable et arrivées en fin de vie. Quatre ans après la Déclaration des évêques, l’appel du CIL ne partage plus tout à fait leur optimisme sur l’extension des soins palliatifs, car, affirme le Conseil: «En Belgique, pareils services restent encore trop peu soutenus par les pouvoirs publics. Ils sont encore trop coûteux pour le patient, et surtout trop peu répandus dans les hôpitaux et à domicile: ils restent donc un privilège réservé à une minorité de la population. Les soins palliatifs devraient faire l’objet d’une formation spécifique du corps médical et soignant ainsi que d’une meilleure information auprès des familles».
Sur l’euthanasie en Belgique, le Comité consultatif de bioéthique a soumis quatre propositions. Aux extrêmes se trouvent le maintien absolu et en toutes circonstances de l’interdit de l’euthanasie et la dépénalisation de l’euthanasie. Ces deux propositions n’ont trouvé que peu d’écho au Parlement. Les deux propositions intermédiaires ont davantage retenu l’attention. L’une revient à «régulariser» a posteriori un acte d’euthanasie dont un médecin a pris la responsabilité pour répondre à une demande expresse du patient face à une douleur intolérable. L’autre consiste à «régulariser» a priori un acte d’euthanasie, moyennant débat au sein de l’équipe soignante sur un éventuel état de «nécessité».
Dans le respect de la vie
Parce qu’elles «maintiennent l’interdit», tout en prenant en compte le concret des situations, ces deux propositions méritent réflexion. Le CIL constate que dans la communauté catholique plus large, les points de vue ne sont pas unanimes. Cette diversité peut s’expliquer vu «les conflits entre le principe du respect absolu de la vie et le souci de la qualité de la vie et de la dignité du malade».
Le CIL souhaite que la réflexion se fasse «dans le respect de la vie, mais aussi dans le respect de la conscience et de la liberté de chacun, croyant ou non». De même, écrit le CIL, «le législateur fédéral se doit d’être attentif aux convictions des uns et des autres, tout en posant des balises qui empêchent des dérives dommageables au bien commun». Cependant, rappelle en conclusion l’organisation, une législation «ne se substituera jamais à la responsabilité morale de chacun». (apic/cip/pr)




