Belgique: Les évêques appellent les sans-papiers à cesser la grève de la faim
Mgr De Kesel «heurté» par l’évacuation d’une église à Anderlecht
Bruxelles, 7 juillet 2006 (Apic) Les évêques belges jugent «moralement inacceptables» les grèves de la faim entamées par des sans-papiers dans les églises. Ils appellent les concernés à mettre fin à leur geste ou à l’accomplir ailleurs. Par ailleurs, l’évacuation d’une église à Anderlecht, mardi, a «heurté» l’évêque auxiliaire de Bruxelles.
Les forces de l’ordre sont intervenues, le 4 juillet, pour évacuer l’église Notre-Dame-Immaculée à Anderlecht, un quartier de Bruxelles. Sur les 48 sans-papiers occupant le lieu de culte, 45 ont été arrêtés. Plusieurs parmi eux, selon les médias, ont été refoulés et d’autres ont été mis en détention dans des camps de demandeurs d’asile bouclés.
Cette opération a commentée par l’archevêché de Malines-Bruixelles dans un communiqué envoyé à tous les prêtres, diacres et responsables pastoraux du Vicariat de Bruxelles. Mgr Jozef De Kesel, évêque auxiliaire pour Bruxelles, a souligné que «l’Eglise s’engage en faveur d’une approche digne et humaine de la situation précaire et souvent sans avenir dans laquelle un grand nombre de ces personnes se trouvent». Il se dit donc «heurté par l’action policière dans l’église de Notre-Dame-Immaculée, en particulier par le fait que l’action ait été entreprise sans concertation préalable et qu’elle donne l’impression d’avoir eu lieu avec l’approbation de l’Eglise ou du curé». «Nos églises sont des lieux de culte. Ils sont aussi des lieux d’humanité et de solidarité. A ce titre, ils doivent être respectés», conclut l’évêque dans son message.
La grève de la faim: une mise en danger de la vie
Les évêques belges, pour leur part, appellent le 6 juillet les sans-papiers réfugiés dans les églises à cesser leur grève de la faim.
41 lieux, dont une majorité d’églises, sont occupés en Belgique par des sans-papiers qui réclament leur régularisation, selon l’Union pour la défense des sans-papiers (UDEP). Environ 150 d’entre eux ont entamé une grève de la faim, certains depuis plus de 15 jours, précise l’association. «Considérant ne pas avoir été entendus, certains sans-papiers radicalisent depuis peu leur action par une grève de la faim», soulignent les évêques. Tout en comprenant «la détresse de ceux qui posent un tel geste», ils affirment ne pas pouvoir approuver cette forme de protestation. «Il est, en effet, moralement inacceptable qu’un être humain mette sa vie ou sa santé en danger de cette manière. Il est encore moins défendable d’encourager d’autres à en faire autant», affirment les évêques. Ces derniers appellent les sans-papiers à arrêter leur grève de la faim ou, à défaut, à la poursuivre dans un autre lieu. «Nous conseillons cependant aux communautés paroissiales concernées, sous la direction de leur curé, de ne pas faire appel à la force publique, sauf en cas de risque grave pour la santé et la sécurité», lancent-ils en conclusion de leur appel. (apic/kna/ag/com/bb)



