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l’homme sans frontières» plaide leur cause/
Belgique: 25 chrétiens syriens attendent toujours un hypothétique statut de
réfugié politique =
Bruxelles, 14 avril 1995 (CIP)
Vingt-cinq ressortissants syriens ayant cherché asile en Belgique entre
1988 et 1993 attendent toujours le statut de réfugié politique. Tous ont
reçu l’ordre de quitter le territoire en 1993-1994, mais les autorités
belges, «sans doute bien informées de la situation sur place, n’ont jamais
appliqué la mesure de retour forcé vers la Syrie, de sorte qúils n’ont pas
aucun droit de séjour en Belgique et qúils ne bénéficient plus d’aucun
statut», signale l’association «Droits de l’Homme sans frontières».
Ces personnes appartiennent à la minorité assyrienne de la région de
Kameshli, près de la frontière turque, dont l’adhésion au christianisme
remonte au premier siècle de notre ère. A leur arrivée en Belgique, elles
ont demandé le statut de réfugié, faisant état de persécutions
ethnico-religieuses de la part de la population musulmane kurde de Syrie.
Au terme d’une longue procédure qui leur a permis de s’intégrer en
Belgique, d’y travailler, d’inscrire leurs enfants à l’école et de créer de
véritables attaches, le statut de réfugié ne leur a pas été octroyé,
«malgré les preuves de réelles persécutions», affirme «Droits de l’Homme
sans frontières».
Pour l’organisation, un retour forcé vers la Syrie serait une violation de
la Convention européenne des Droits de l’homme. «En effet, expliquet-elle, ces familles risquent des sanctions graves et disproportionnées,
puisque leur fuite a été perçue par la Syrie comme un acte revêtant une
portée politique. De plus, leur appartenance à une minorité chrétienne ne
fait qúaccentuer les dangers de privation de liberté. La disproportion des
sanctions infligées peut être considérée comme un traitement inhumain et
dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des Droits de
l’homme.»
N’ayant plus aucun droit de séjour en Belgique, mais n’osant pas retourner
en Syrie, ces personnes se retrouvent tout à fait désarmées. Leur situation
est extrêmement précaire, car elles n’ont plus droit à l’aide sociale et ne
bénéficient d’aucun statut. Seule la solidarité de leur communauté leur
permet de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
«Droits de l’Homme sans frontières» rappelle qúen 1989 le ministre de la
Justice, Melchior Wathelet, avait accordé un séjour à durée illimitée à
d’autres ressortissants syriens également dépourvus de tout statut après
avoir été frappés d’une mesure d’expulsion jamais appliquée. Le 31 mars
dernier, l’administrateur délégué du Service Social des Etrangers, Mauro
Sbolgi, a écrit au ministre de l’Intérieur, Johan Vande Lanotte, pour lui
demander de prendre des initiatives pour qúune mesure similaire soit prise
en faveur de ces chrétiens de Syrie. A ce jour, sa requête est restée sans
réponse, déplore l’organisation.
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