Disparition de l’agence de presse catholique CIP néerlandophone
Belgique: Plus d’intérêt pour l’information religieuse dans les quotidiens catholiques flamands
Anvers, 9 décembre 1997 (APIC) Après 53 ans d’existence, l’agence de presse catholique néerlandophone CIP à Anvers – soeur jumelle de l’agence CIP francophone à Bruxelles – cessera d’exister à la fin de cette année. Faute d’intérêt pour l’information religieuse de la part des quotidiens catholiques flamands!
Dans une communication aux abonnés de CIP-Vlaanderen, le directeur du bureau flamand de CIP, Jo Cornille, annonce la disparition de l’agence d’information catholique flamande, qui avait établi ses bureaux à Anvers en 1991. Il explique ce nouvel appauvrissement du paysage médiatique avant tout par l’évolution des quotidiens catholiques néerlandophones. Ces journaux, qui avaient été à l’origine de CIP il y a 53 ans, sont devenus en Flandre, selon Jo Cornille, «des journaux d’information générale au contenu très différent» ne couvrant plus que rarement l’actualité ecclésiale ou l’actualité religieuse.
Malgré le soutien de la Conférence épiscopale belge
Les journaux catholiques flamands ont ainsi manifesté, d’année en année, un intérêt moins grand pour l’information religieuse qu’ils avaient chargé CIP de leur fournir. Parallèlement, toujours selon J. Cornille, les milieux d’Eglise en Flandre ont multiplié les contacts directs avec les journaux, ce qui a aussi contribué à rendre le bureau de CIP moins indispensable à leurs yeux. Les uns après les autres, les journaux catholiques flamands se sont donc dégagés du soutien financier qu’ils offraient à CIP-Vlaanderen. Du coup, l’agence anversoise s’est progressivement trouvée devant un problème financier insurmontable, malgré le soutien de la Conférence épiscopale belge et les facilités que lui procuraient l’hebdomadaire paroissial «Kerk en Leven», à Anvers, qui l’hébergeait dans ses locaux.
La disparition prochaine de l’agence catholique flamande ne signifie cependant pas que les instances ecclésiales entendent s’accommoder d’une information religieuse moins abondante et moins régulière. L’avenir de l’information religieuse quotidienne devrait notamment passer par le réseau de télécommunication Internet. A partir de janvier, une nouvelle formule, annonce Jo Cornille, remplacera les extraits actuels des nouvelles flamandes de CIP qu’on peut trouver sur le site «Kerknet».
Longtemps nationale, l’agence CIP a dissocié ses deux rédactions en 1991 pour ériger une agence francophone CIP à Bruxelles et une agence flamande à Anvers. Depuis, les deux agences ont évolué séparément, ce qui ne les empêchait pas de se concerter ni d’échanger leurs informations quotidiennes. Cette évolution séparée s’explique aussi par une politique différente en matière d’information religieuse de la part des journaux qui ont fondé et qui soutiennent toujours l’agence CIP francophone à Bruxelles.
Bien que celle-ci soit moralement affectée par la perte de sa soeur jumelle, elle peut envisager l’avenir avec plus d’espoir. D’une part, au-delà de ses liens historiques avec les journaux catholiques, des liens contractuels la relient avec des agences étrangères et avec d’autres médias, dont la R.T.B.F. ainsi que R.T.L.-Tvi. D’autre part, des investissements sont actuellement prévus pour améliorer les communications quotidiennes de l’agence et pour étendre son réseau de lecteurs et d’utilisateurs. (apic/cip/be)




