Les cours de religion et de morale remis en question
Belgique: Position de l’Enseignement catholique face à la réforme scolaire
Bruxelles, 26 novembre 1998 (APIC) Les cours de religion et de morale non confessionnelle seront-ils remplacés en Belgique par un cours de philosophie doublé d’un cours d’éducation à la citoyenneté? La question a été relancée récemment entre autres par les débats autour des difficultés de l’enseignement. «Une mise en question des cours de religion et de morale nuirait au pluralisme que l’on entend promouvoir», a répondu mardi dernier le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (SEGEC).
Les restrictions budgétaires de ces dernières années et les réorganisations de l’enseignement n’y sont pas étrangères à la remise en cause de ces cours. Cet été, la réforme de l’enseignement fondamental a contraint nombre de maîtres de religion et de morale à repenser leur cours: les classes sont surpeuplées dans des locaux exigus. Le souci d’une «pédagogie de la réussite» n’y fait plus vibrer les enseignants: plusieurs ont du mal à cacher leur «déprime».
A sept mois des élections législatives, des voix se font entendre en vue de remplacer le choix du cours de religion et de morale non confessionnelle par un cours de philosophie sur les questions essentielles et un cours d’éducation à la démocratie. Ces propositions ont fait réagir l’Enseignement catholique: «les nouveaux cours de philosophie et de démocratie envisagées s’imposeraient aussi bien dans les écoles organisées par les pouvoirs publics que dans les écoles libres confessionnelles», note le chanoine Beauduin, directeur du SEGEC.
L’Enseignement catholique déplore l’hypothèse d’un pareil changement: «ce serait dommage que l’école ne joue pas son rôle dans l’entretien du pluralisme des traditions spirituelles où l’humanisme trouve ses sources. Il faut d’abord habiter sa propre tradition et y avoir exploré les ressources existentielles de sens pour être capable d’ouverture. Le cours d’une des religions reconnues, y compris dans sa dimension morale, ou de morale non confessionnelle ne s’entend pas sans dialogue avec les autres traditions philosophiques ou religieuses».
Les écoles catholiques n’entrent pas dans ce débat de la même manière que les écoles dites officielles. Les premières, en effet, ne proposent pas le choix entre religion et morale non confessionnelle, mais n’organisent que le cours de religion catholique. Refus d’ouverture au pluralisme? Le document de référence «Mission de l’école chrétienne» publié en 1995 par l’Enseignement catholique prend acte, au contraire, du pluralisme pour y inscrire l’approfondissement de la singularité chrétienne.
Selon le chanoine Beauduin, l’enseignement libre catholique poursuit tous les objectifs généraux de l’enseignement. Son projet éducatif est de confronter les élèves avec la tradition de foi de la communauté chrétienne, son sens de Dieu et son sens de l’autre. (apic/cip/ab)




