annonce son passage à l’Eglise anglicane
Belgique: un professeur de l’Université catholique de Leuven (020694)
Il n’est pas d’accord avec «le non catégorique»
du pape à l’ordination sacerdotale des femmes
Bruxelles, 2juin(APIC) Karel Dobbelaere, un des grands noms de la sociologie religieuse en Belgique et ancien doyen de la Faculté des Sciences Sociales de la «Katholieke Universiteit de Leuven» (KUL), vient d’annoncer
son passage à l’Eglise anglicane. Le professeur de la KUL n’est pas d’accord avec le récent «non catégorique et définitif» de Jean-Paul II à l’ordination des femmes à la prêtrise. «J’ai souvent été en désaccord avec Rome, mais cette fois, c’en est trop», a confié le sociologue au quotidien
catholique flamand «De Standaard» dans son édition du 1er juin.
La décision du professeur Dobbelaere a été annoncée au lendemain de la
publication de la lettre apostolique «Ordinatio sacerdotalis», où Jean-Paul
II rappelle et confirme qu’en vertu de sa «constitution divine», «l’Eglise
n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des
femmes», ajoutant que «cette position doit être définitivement tenue par
tous les fidèles de l’Eglise».
Le professeur Dobbelaere a fait part dès le 31 mai de sa décision au
cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles et grand chancelier de l’Université, ainsi qu’au recteur Roger Dillemans. Le cardinal
Danneels a fait savoir qu’il «respecte la décision prise en conscience» par
le sociologue louvaniste, mais s’est abstenu de tout commentaire, se contentant de préciser que le récent document romain constitue un rappel formel d’une position catholique déjà ancienne.
Karel Dobbelaere a été élu doyen à plusieurs reprises de la Faculté des
Sciences Sociales de la KUL. Son dernier mandat a pris fin en 1993. Il est
l’auteur de plusieurs ouvrages et articles en sociologie religieuse. Son
nom est mêlé aux dernières enquêtes importantes sur l’évolution de l’Eglise
catholique, des convictions religieuses et des valeurs en Europe et en Belgique. Sa décision de rallier l’Eglise anglicane ne remet évidemment pas en
cause son travail de sociologue, indique-t-on dans le milieu universitaire
louvaniste. D’ailleurs, la KUL compte aujourd’hui dans son corps académique
des professeurs de différentes confessions religieuses. Le problème se présenterait tout autrement s’il s’agissait d’un professeur chargé d’enseigner
la théologie catholique.
«Je ne peux plus me taire»
«J’ai réfléchi sérieusement à l’ensemble du problème et je suis arrivé à
la conclusion que je ne pouvais plus me taire», affirme Karel Dobbelaere
dans l’interview accordée au journal «De Standaard». «Je ne prétends pas,
dit-il, que les femmes doivent devenir prêtres d’une manière ou d’une autre, mais je trouve qu’en pareille matière, la discussion doit au moins
être possible.» Dans une société qui presse l’Eglise de débattre de ce problème, le sociologue de la KUL trouve inadmissible que le pape juge la discussion définitivement close et qu’il invite chaque catholique à obéir.
«Depuis quelques années, affirme Karel Dobbelaere, le pape cherche toujours la faute chez les autres. Lorsque l’Eglise d’Angleterre a décidé
d’ordonner des femmes prêtres, Rome a affirmé que l’Eglise d’Angleterre
s’excluait ainsi de la communion. Mais de quel droit peut-on dire cela ?
Les autres chrétiens sont-ils donc toujours dans l’erreur?», se demande encore le sociologue belge. (apic/cip/ba)



