L’indépendance du Kosovo ouvrirait d’autres tensions en Europe
Belgrade: L’archevêque catholique de Belgrade perplexe sur un accord à Rambouillet
Belgrade, 23 février 1999 (APIC) L’archevêque catholique de Belgrade, Mgr Franc Perko, se montre sceptique sur la validité d’un accord de dernière minute pour résoudre la crise du Kosovo, à l’issue des négociations au château de Rambouillet en France. «J’espère qu’arrivera de la France la nouvelle d’un accord, même si je me demande comment une paix sur le papier sera par la suite confirmée dans les faits», a-t-il déclaré mardi au quotidien catholique italien l’»Avvenire»..
Pour Mgr Perko, l’indépendance du Kosovo n’est pas envisageable car, selon lui, «la communauté internationale ne peut pas se le permettre. Cela ouvrirait d’autres foyers de tensions dans les Balkans et en Europe». Il cite par exemple la Macédoine, le Montenegro et les deux millions de Hongrois résidents en Roumanie, mais aussi les Corses et les Basques. Et pourquoi pas la Padanie en Italie ?».
L’archevêque de Belgrade, qui est aussi président de la Conférence épiscopale de Yougoslavie, reconnaît la «grande complexité» du problème de par les positions «diamétralement opposées» des Serbes et des Kosovars. Les Albanais prônent l’indépendance du Kosovo alors que, pour Belgrade, le Kosovo doit non seulement rester partie intégrante de la République de Yougoslavie mais surtout de la Serbie. «Nous sommes face à des positions et des idées si lointaines les unes des autres», déplore le prélat de Belgrade.
«Tout est possible» ajoute-t-il, mais «s’ils arrivent à un accord, avec ou non la présence d’une force de l’OTAN sur le terrain, ces signatures risquent de n’avoir aucune valeur».
Mgr Perko rappelle que le Kosovo est pour le président Milosevic «un mythe», et il sait bien que s’il perd le Kosovo, il perdra tout pour toujours». Pour le prélat catholique, la solution serait la présence d’une force d’interposition internationale, qui fasse respecter les accords écrits. «Je lance un appel à Rambouillet, déclare-t-il, signez un accord de paix et acceptez une troisième force. Autrement il n’y aura jamais une solution juste».
Quant à définir les responsabilités du conflit, l’archevêque de Belgrade dénonce «le nationalisme exacerbé qui a brisé l’ex-Yougoslavie en morceaux». Et de soupirer :»J’ai tant espéré que la communauté internationale entre dans le troisième millénaire avec une espérance de paix et de respect mutuel. Mais il semble que les forces du mal et la haine sont encore plus fortes. Elles ne permettent pas encore à l’humanité d’espérer dans un avenir de paix». (apic/imed/ba)



