Les appels à une trêve unilatérale de l’OTAN nuisent à la paix
Belgrade: L’archevêque catholique pour la poursuite des pressions sur Milosevic
Rome/Belgrade, 17 mai 1999 (APIC) L’archevêque catholique de Belgrade a mis en garde contre une trêve unilatérale de l’OTAN qui ne ferait que favoriser Milosevic et finalement une escalade de la violence. Pour Mgr Franc Perko, président de la Conférence épiscopale yougoslave, la «clef de la paix» dans les Balkans n’est ni à Bruxelles, ni à Washington, ni à Rome, mais à Belgrade, entre les mains de Milosevic, qui doit «accepter formellement» la présence de forces internationales au Kosovo.
Dans une interview au quotidien italien «Il Giornale» du 17 mai 1999, l’archevêque d’origine slovène estime que ces troupes devraient être placées si possible sous l’égide de l’ONU. Elles devraient comprendre non seulement des militaires occidentaux, mais également des Russes et des représentants d’autres pays. Mgr Perko considère que ce serait pour Milosevic une «occasion historique», dans la mesure où cette «acceptation» de sa part, qui serait «formelle» et «sans humiliation», pourrait «être montrée au pays comme une victoire». L’archevêque, qui s’était prononcé le 24 mars contre les frappes de l’OTAN, ces troupes internationales auront également à désarmer les soldats de l’UçK.
Mgr Perko condamne les bombardements
Selon Mgr Perko, les appels à une trêve unilatérale de l’OTAN sont une «erreur», et même «nuisent à la paix», parce qu’ils incitent Milosevic à ne pas faire «ce pas qui est le seul réaliste et décisif.» «J’ai condamné les bombardements et je veux qu’ils se terminent», affirme cependant l’archevêque, qui explique que les appels à la trêve unilatérale suscitent «des bombardements plus durs et des résistances plus grandes».
Dans l’ensemble, Mgr Perko, qui révèle être atteint d’un cancer à un stade avancé, se montre pessimiste sur la situation future des Balkans, et insiste sur le fait que la région ne pourra pas connaître la paix sans une aide internationale.
Appel pressant des évêques orthodoxes serbes pour mettre un terme à la violence
Pour leur part, les évêques orthodoxes serbes ont lancé un appel pressant pour mettre un terme immédiat à la violence d’où qu’elle vienne. «La guerre en Yougoslavie est une catastrophe humanitaire, écologique, morale et spirituelle», peut-on lire dans l’appel urgent adressé à la direction yougoslave, à la guérilla des Albanais du Kosovo et aux responsables de l’OTAN. Les parties en conflit au Kosovo – Serbes et Albanais – doivent tout entreprendre pour résoudre la crise de façon pacifique et renoncer à l’usage de la force, peut-on lire dans la déclaration adoptée par le Saint Synode de l’Eglise de Serbie réuni au siège du patriarcat à Belgrade.
Les chefs religieux orthodoxes déplorent, dans leur document final adopté au terme de trois jours de réunion, les dévastations qui frappent le pays et soulignent leur préoccupation face aux victimes civiles de plus en plus nombreuses. Des centaines de milliers de personnes fuient les combats entre unités de l’UçK et les forces yougoslaves et les bombardements de l’OTAN qui durent depuis bientôt deux mois. Ces frappes ont déjà causé d’indicibles souffrances à tous les peuples qui vivent dans cette région et des dommages matériels gigantesques, notent-ils.
Le résultat de toutes ces destructions des ressources matérielles du pays, provoquant maladie, faim et misère, est une véritable «catastrophe humanitaire», justement une telle catastrophe que prétendait vouloir empêcher l’OTAN. Quant aux bombardements de raffineries de pétrole, de dépôts de carburant et d’usines chimiques, ils ont provoqué une catastrophe écologique qui menace les populations de toute la région. Pour les évêques, La tragédie provoquée par la guerre est encore plus dévastatrice sur le plan moral et spirituel, faisant, de façon incommensurable, renaître toutes les passions héritées du passé, les sentiments pathologiques et la haine. Les évêques serbes affirment que leur peuple vit aujourd’hui l’un des moments les plus durs de son histoire et craignent que cette guerre «mette en danger non seulement l’identité spirituelle, mais encore l’existence biologique du peuple serbe».
En conclusion de leur document, les membres du Saint Synode réclament le droit au retour en sécurité de tous les réfugiés et personnes chassées de leur foyer, à quelque peuple qu’ils appartiennent. (apic/imedia/kap/be)



