Belgrade: L’Eglise orthodoxe serbe se range du côté de l’opposition
Le patriarche donne son accord au «pacte de stabilité»
Belgrade,
(APIC) L’Eglise orthodoxe serbe semble avoir définitivement pris le parti de l’opposition au président Milosevic. Le patriarche Pavle a reçu lundi les principaux leaders de l’opposition pour discuter de la mise en œuvre du «pacte de stabilité pour la Serbie». Ce pacte prévoit le départ de Milosevic, la création d’un gouvernement de transition, des réformes économiques et la tenue d’élections libres.
L’Eglise orthodoxe est prête aujourd’hui à signer et à bénir ce pacte. Une décision finale ne pourra cependant être prise que par l’assemblée de la Conférence des évêques réunie en séance extraordinaire le 10 août.
Selon le vœu de l’opposition, le patriarche devrait prendre part à la grande manifestation du 19 août devant le siège du parlement yougoslave et y prononcer un discours.
L’évêque orthodoxe du Kosovo Artemije souhaite lui aussi publiquement la démission de Milosevic. Le président yougoslave et son régime sont un frein pour le développement de l’Etat. «Milosevic n’est pas coupable d’avoir perdu quatre guerres, mais de les avoir engagées», a déclaré l’évêque à la télévision. Il a deux mois, la direction de l’Eglise serbe avait déjà demandé le départ du président.
Milosevic continue de son côté à rejeter fermement les revendications de ses adversaires qu’il qualifie de tentative de l’OTAN pour saper le pays avec l’aide de politiciens corrompus. L’ultra-nationaliste Vojislav Seselj a mis en garde l’Eglise contre toute collaboration avec les «valets des Américains en Serbie». Par une telle attitude l’Eglise se mettrait à dos «la grande majorité» des citoyens et contribuerait à la «destruction de l’unité spirituelle du peuple serbe».
Face à ces attaques le patriarcat a répondu qu’il n’avait pas l’intention de participer au pouvoir politique, mais que le souci du bien du peuple ne pouvait que le pousser à soutenir les forces capables de sortir le pays de la crise. Or aujourd’hui le régime de Milosevic n’est pas en mesure de le faire. L’aspiration du peuple pour un ordre démocratique est légitime et l’Eglise ne peut que la soutenir, a conclu le patriarcat. (apic/kap/mp)



