L’évêque orthodoxe Rakita dénonce les violences des Albanais

Belgrade: Le patriarche Pavle ne participera pas à la manifestation contre Milosevic

Belgrade, 17 août 1999 (APIC) L’Eglise orthodoxe serbe sera représentée lors de la grande manifestation anti-Milosevic de jeudi à Belgrade, non pas par le patriarche Pavle, mais par l’évêque auxiliaire Atanasije Rakita directeur du service d’information.

Les partis d’opposition avaient souhaité que le patriarche s’associe personnellement à leur protestation contre le régime du président Milosevic en prenant la parole lors de la manifestation du 19 août. L’Eglise serbe, bien que soutenant publiquement les revendications de l’opposition, a préféré éviter que le patriarche puisse éventuellement se trouver mêlé à des affrontements violents et perdre ainsi toute possibilité de jouer un rôle de médiateur entre les diverses parties en présence.

Selon les estimations de l’opposition, au moins 200’000 personnes devraient participer à la manifestation, la plus grande depuis plusieurs années à Belgrade. Le rassemblement doit permettre de présenter publiquement les divers points du «pacte de stabilité», également approuvé par l’Eglise, en vue de sortir la Serbie de la crise.

Le régime en place accuse de son côté l’opposition de vouloir renverser les institutions légales et d’être à la solde de l’OTAN et des Américains.

Les Albanais ont déjà détruit 41 églises et monastères

Parallèlement, l’Eglise orthodoxe serbe, dénonce les destructions qui se poursuivent au Kosovo. 41 monastères et églises orthodoxes ont été détruits par des Albanais, et ceci sous les yeux des forces de la paix dirigées par l’OTAN, déplore l’évêque Atanasije. Plus de 200 villages serbes ont été détruits au Kosovo. Des dizaines de Serbes ont été tués. A Prizren, plusieurs maisons habitées par des Serbes ont été incendiées. Un grand nombre de Serbes ont trouvé refuge au séminaire et un millier d’entre eux se cacheraient dans les forêts environnantes depuis deux mois.

«Ce qui est préoccupant, c’est que tout cela se passe en présence de la KFOR» souligne l’évêque orthodoxe. Celui-ci a par ailleurs précisé que beaucoup d’églises et de monastères détruits dataient des XIIIe et XIVe siècles. Il a ajouté que les Serbes reviendront au Kosovo, une province qu’ils considèrent comme le berceau de leur culture, «quelle que soit la force au pouvoir». (apic/kap/pr/mp)

17 août 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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