Belgrade: Mgr Perko soutient une présence internationale au Kosovo
«Milosevic n’est pas l’unique coupable»
Belgrade, 9 juin 1999 (APIC) Le président serbe Milosevic «n’est pas l’unique coupable» de la tragédie des Balkans, estime Mgr Franc Perko. A l’heure ou le monde est suspendu à l’annonce d’un accord entre les différentes parties, l’archevêque de Belgrade pense qu’une présence internationale au Kosovo est non seulement «nécessaire» mais aussi «un bien pour la Serbie».
«Il y a de nombreux coupables dans cette tragédie des Balkans. Côté serbe, Milosevic a profité du lien ’historico-spirituel’ du peuple serbe avec le Kosovo pour lancer son offensive, car l’indépendance du Kosovo est inconcevable pour n’importe quel citoyen serbe. Du côté des Albanais, les revendications ont été exagérées leur donnant ainsi «une part de responsabilité dans l’explosion de la violence», a précisé à l’hebdomadaire italien «Famiglia Cristiana», Mgr Perko.
Ce dernier s’est réjouit du compromis accepté par le gouvernement de Belgrade, seule solution possible pour sortir du conflit sanglant. Il tiendra cependant si toutes les parties impliquées – les Serbes, les Albanais et l’OTAN – sont prêtes à faire quelques sacrifices.
Mgr Perko, qui s’était déjà prononcé ouvertement pour une présence internationale au Kosovo, avait été arrêté et interrogé par la police yougoslave. Pour le prélat, seul un contingent international peut donner confiance aux réfugiés et garantir leur sécurité nécessaire pour rentrer au Kosovo. Seules des troupes internationales peuvent désarmer les hommes de l’UCK et mettre fin à une situation de «guérilla» qui pourrait durer à l’infini.
Cette force militaire internationale, sous l’égide de l’ONU et non seulement de l’OTAN, conclut Mgr Perko, est un bien aussi pour la Serbie. Le plan de paix en effet ne modifie pas les frontières de la Yougoslavie et le Kosovo resterait ainsi une région à l’intérieur de la République Yougoslave. (apic/imed/ab)



