Déposé au parlement depuis six ans pour adoption
Bénin: Le nouveau code de la famille enfin voté dans la controverse
Cotonou, 7 juillet 2002 (APIC) L’introduction au Bénin d’un nouveau code de la famille de 1034 articles divise adversaires et partisans d’une société moderne. Le projet de texte était à l’étude au parlement depuis 6 ans et n’a été adopté qu’en mai dernier, dans la controverse.
La polémique a prévalu dans le pays pendant plusieurs semaines. Dans ses grandes lignes citées par l’AFP, il abolit le lévirat, une pratique traditionnelle de plusieurs millénaires qui fait que l’épouse d’un homme décédé devient automatiquement celle de son frère. Le nouveau code instaure la monogamie comme régime légal. Il prévoit l’accord préalable des couples sur l’option de la polygamie. Seul le mariage civil a des effets légaux et la femme obtient les mêmes droits que l’homme en matière de succession. La nouvelle loi institutionnalise la dot comme qu’elle considère comme un «acte symbolique» non obligatoire pour le futur époux. La femme divorcée, selon le texte, peut continuer à porter le nom du mari si ce dernier y consent.
Le nouveau code interdit, en son article 12, à la femme mariée de porter son nom de jeune fille. Elle doit obligatoirement porter le nom de son époux et y ajouter son nom de famille. Cette disposition a été critiquée tant par les partisans que par les adversaires du code. La ministre des affaires sociales et de la famille, Claire Houngan-Ayémona, a félicité les député d’avoir relevé un défi, en adoptant le nouveau code. Mais elle a émis des réserves sur cet article 12, adopté «anticonstitutionnellement». Il viole le respect du droit au nom de la femme, a-t-elle souligné, dans une déclaration rapportée par la BBC.
Une population attachée aux valeurs traditionnelles
Le vote du nouveau code a suscité beaucoup de débats dans le pays. Les populations rurales, très attachées aux valeurs et pratiques traditionnelles, l’Eglise, les associations féministes, les sociologues, les organisations socio-professionnelles, les chefs traditionnels et les députés sont restés divisés sur ses innovations. Pendant plus de 6 semaines, la vie politique et sociale béninoise était par marquée des séminaires, débats télévisés, marches des féministes et de nombreuses autres manifestations
L’Eglise catholique avait invité les députés à respecter «le peuple, sa foi et ses ancêtres» en ne votant pas le texte. La Conférence Episcopale du Bénin avait adressé au secrétariat du parlement une série de «propositions d’amendement», touchant notamment au mariage et au divorce. Ces propositions n’ont pas été retenues. (apic/ibc/bb)




