Rome: Des prêtres du monde entier réunis Place Saint-Pierre

Benoît XVI défend la valeur du célibat sacerdotal

Rome, 11 juin 2010 (Apic) Devant des prêtres du monde entier, Benoît XVI a défend, jeudi soir, «le grand scandale» que représente aujourd’hui le célibat des prêtres, alors qu’il présidait une veillée à l’occasion de la clôture de l’Année sacerdotale ouverte le 19 juin 2009. Place Saint-Pierre, devant près de 15’000 prêtres, dont beaucoup de jeunes ecclésiastiques, le pape a répondu aux questions de 5 prêtres venus des 5 continents, en improvisant durant près de 40 minutes.

Interrogé sur le célibat ecclésiastique par un prêtre slovaque, le pape, assis devant la basilique Saint-Pierre sous un grand portrait de saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), a évoqué le «grand scandale» que représente ce célibat «pour le monde actuel». «Cette critique permanente à l’égard du célibat peut surprendre, a ensuite confié Benoît XVI, à une époque où il est toujours plus à la mode de ne pas se marier». «Ne pas se marier, a alors précisé le pape, est une chose complètement différente du célibat, fondée sur la volonté de vivre seulement pour soi-même, de n’accepter aucun lien définitif». Au contraire, a-t-il expliqué, «le célibat est un ›oui’ définitif».

«Nous savons qu’à côté de ce grand scandale que le monde ne veut pas accepter, il y a les scandales secondaires de nos insuffisances et de nos péchés qui assombrissent le véritable grand scandale», a encore affirmé Benoît XVI alors que l’Eglise vient d’être secouée par plusieurs scandales de pédophilie au sein du clergé. «Prions le Seigneur pour qu’il nous libère de ces scandales», a conclu le pape.

Savoir se reposer

Un prêtre brésilien a demandé par ailleurs au pape quelle «direction» prendre alors que les curés de ce continent étaient confrontés à des «communautés particulièrement étendues» et insérées dans une société «qui n’est plus complètement chrétienne». Le pape a alors invité les prêtres à prendre soin des «3 piliers du sacerdoce» : «l’Eucharistie», «l’annonce de la Parole», et «la caritas, l’amour du Christ pour ceux qui souffrent». Benoît XVI, salué par des applaudissements nourris, a aussi appelé les prêtres à «l’humilité», à avoir «le courage de se reposer» devant «l’impossibilité de tout faire».

Interrogé par un prêtre ivoirien sur l’apparente «fracture entre théologie et spiritualité», Benoît XVI a souhaité saluer le travail de très nombreux théologiens, évoquant brièvement les «abus» de certains, jugeant aussi que certaines hypothèses théologiques «des années 1970 et 1980» ont «vieilli, n’ont plus de valeur et, pour beaucoup, semblent ridicules».

Des prêtres convaincants

Répondant à un prêtre australien sur les moyens «efficaces» pour faire face au manque croissant de vocations, le souverain pontife a proposé de prier «avec instance, détermination et conviction», de faire en sorte d’être des «prêtres convaincants» et d’avoir enfin «le courage de parler avec les jeunes».

Benoît XVI, apparu particulièrement heureux, est donc intervenu à la nuit tombée devant une place Saint-Pierre où s’étaient rassemblés quelque 15’000 prêtres de près de 100 pays, mais aussi quelque 80 cardinaux et 300 évêques. Sur la place, les religieuses, tout comme les séminaristes ou les laïcs, avaient été placés dans des secteurs latéraux.

Avant l’arrivée du pape, une longue veillée animée par un prêtre enthousiaste en soutane avait été rythmée de chants et de témoignages parmi lesquels de nombreux prêtres, une religieuse cloîtrée et une famille allemande avec 6 enfants dont un prêtre, un religieux et une vierge consacrée.

Puis, en accueillant un Benoît XVI particulièrement souriant, le préfet de la Congrégation pour le clergé avait tenu à remercier le pape pour ce qu’il faisait «pour tous les prêtres, même ceux qui sont perdus». Le cardinal Claudio Hummes s’était aussitôt dit conscient que le pape avait «déjà pardonné» ceux qui lui avaient «causé de la douleur».

Au terme de cette veillée, le plus grand rassemblement de prêtres jamais organisé, Benoît XVI a présidé un temps d’adoration eucharistique, avant de prononcer une prière écrite à l’occasion de l’Année sacerdotale. (apic/imedia/lb/pr)

11 juin 2010 | 09:15
par webmaster@kath.ch
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