Rome : Réception des évêques belges par le pape

Benoît XVI encourage une Eglise « éprouvée par le péché »

Rome, 8 mai 2010 (Apic) Recevant en audience au Vatican les évêques de Belgique au terme de leur visite Ad Limina, le 8 mai 2010, Benoît XVI a souhaité encourager les responsables d’une «Eglise elle-même (…) éprouvée par le péché», après la récente démission de l’évêque de Bruges, coupable d’actes pédophiles. Devant les prélats belges, le pape a ainsi adressé ses «encouragements» aux fidèles belges ainsi qu’aux prêtres, malgré la crise des vocations, évoquant aussi très brièvement les tensions entre Flamands et Wallons.

Recevant les 11 évêques et administrateurs diocésains de Belgique, le pape a d’abord jugé que leur visite à Rome était «une occasion heureuse» en vue de «renforcer» la «communion ecclésiale» dans «l’écoute réciproque», dans «la prière commune» et dans «la charité du Christ surtout en ces temps où (leur) Eglise elle-même a été éprouvée par le péché». Il s’est agi de la seule allusion implicite de Benoît XVI à la démission, le 23 avril dernier, de l’évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, coupable d’actes pédophiles sur un jeune de son entourage familial.

Devant la presse, après sa rencontre avec Benoît XVI, l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr André-Joseph Léonard, a justifié la brève allusion du pape «au drame» vécu par l’Eglise belge. «Le pape, a-t-il expliqué à I.MEDIA, sait que notre réaction vis-à-vis de cette question est exactement celle qu’il a adoptée lui-même». Le nouvel archevêque de Bruxelles est aussi revenu sur les actes de Mgr Vangheluwe, évoquant «un péché lointain, mais grave, qui a blessé notre Eglise». De nombreux prélats belges, au court de leur séjour à Rome, n’ont pas caché leur «incompréhension» après les révélations de l’évêque de Bruges.

«Si notre Eglise doit retrouver sa crédibilité, a poursuivi Mgr Léonard, ce sera par la sainteté de ses laïcs, des personnes consacrées, des diacres, des prêtres et des évêques». Le primat de Belgique a ainsi salué la longue intervention de Benoît XVI sur le père Damien De Veuster (1840-1889), canonisé par le pape en octobre 2009, et présenté par lui comme «le fils de la nation (belge, ndlr) le plus illustre de tous les temps».

Saint Damien De Veuster cité en exemple

Benoît XVI, dans son discours aux évêques belges, a ainsi souhaité que le saint belge soit proposé en «exemple» aux prêtres et aux religieux. «La diminution du nombre de prêtres ne doit pas être perçue comme un processus inévitable», a aussi affirmé le pape pour qui il est «nécessaire et urgent» de «donner sa juste place» au «ministère des prêtres» et d’en reconnaître aussi «le caractère sacramentel irremplaçable». Devant la presse, Mgr Léonard a ensuite salué le «discours très encourageant et stimulant» du pape, notamment son «encouragement aux prêtres» parce que «beaucoup souffrent actuellement d’amalgames, de généralisations et sont éprouvés dans leur ministère», sur fond de scandales de pédophilie.

Dans la tempête

Plus largement, dans son discours aux évêques, Benoît XVI a souhaité transmettre ses «encouragements» aux «prêtres, religieux, religieuses et laïcs de Belgique», demandant aussi «qu’ils n’oublient pas que c’est le Christ seul qui apaise toute tempête et qui redonne force et courage pour mener une vie sainte en pleine fidélité à leur ministère propre, à leur consécration à Dieu et au témoignage chrétien».

Par ailleurs, Benoît XVI a évoqué «les transformations qui se poursuivent dans la société belge», jugeant que certaines s’étaient «accentuées» depuis la dernière visite Ad Limina de l’épiscopat belge en novembre 2003. Le pape a alors fait référence «à la diminution du nombre de baptisés qui témoignent ouvertement de leur foi et de leur appartenance à l’Eglise, à l’élévation progressive de la moyenne d’âge du clergé, des religieux et religieuses, à l’insuffisance des personnes ordonnées ou consacrées engagées dans la pastorale active ou dans les domaines éducatif et social, au nombre restreint de candidats au sacerdoce et à la vie consacrée».

Parmi les «points sensibles», Benoît XVI a aussi énuméré «la formation chrétienne» et «les questions relatives au respect de la vie et à l’institution du mariage et de la famille». Il a aussi souhaité mentionner des «situations complexes et souvent préoccupantes liées à la crise économique, au chômage, à l’intégration sociale des immigrés, à une coexistence apaisée des diverses communautés linguistiques et culturelles de la nation». Cette dernière est la seule référence faite à la crise politique en cours dans le pays, au lendemain même de la dissolution du parlement belge sur fond de tensions entre francophones et néerlandophones.(apic/imedia/ami/js)

8 mai 2010 | 18:19
par webmaster@kath.ch
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