Rome: Année sacerdotale: lettre du pape au clergé du monde entier
Benoît XVI évoque ›l’infidélité’ de certains prêtres
Rome, 18 juin 2009 (Apic) Dans une lettre adressée à l’ensemble des prêtres de l’Eglise catholique, publiée le 18 juin 2009 à la veille de l’ouverture de l’Année sacerdotale, Benoît XVI a évoqué à la fois «l’infidélité» de certains prêtres et «la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation».
Cette lettre du pape intervient alors que plusieurs cas d’infidélité aux promesses sacerdotales ont récemment été sur le devant de la scène : en Autriche, en Irlande et en République centrafricaine, ou encore en Australie et aux Etats-Unis.
Publiant pour la première fois de son pontificat une Lettre aux prêtres, comme le faisait son prédécesseur Jean Paul II à l’occasion du Jeudi saint, Benoît XVI a proposé aux prêtres du monde entier l’exemple du saint Curé d’Ars, rappelant la «pauvreté», la «chasteté» et «l’obéissance» du Français saint Jean-Marie Vianney (1786-1859). Lors d’une célébration dans la basilique Saint-Pierre dans la soirée du 19 juin, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du Curé d’Ars, Benoît XVI ouvrira une année spéciale consacrée aux prêtres autour du thème ›Fidélité du Christ, fidélité du prêtre’.
Le don du célibat sacerdotal
Dans cette longue missive, le pape a ainsi invité les prêtres à se distinguer, «dans leur vie et dans leur action (…) par la force de leur témoignage évangélique», à «vivre en plénitude le don du célibat». Benoît XVI a alors salué «la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation».
Cependant, a constaté le pape, «il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l’Eglise elle-même souffre de l’infidélité de certains de ses ministres». Ces situations, a encore confié Benoît XVI, sont «pour le monde un motif de scandale et de refus».
Le pape a évoqué «les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu’ils participent à l’expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu’ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère». Il a aussi déploré que «tant de prêtres» soient «bafoués dans leur dignité, empêchés d’accomplir leur mission, parfois mêmes persécutés jusqu’au témoignage suprême du sang».
Un témoignage évangélique
Dans la lettre, Benoît XVI a souhaité relever «l’immense don que sont les prêtres non seulement pour l’Eglise, mais aussi pour l’humanité elle-même». Il a indiqué que l’Année sacerdotale organisée jusqu’au 19 juin 2010 voulait «contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d’aujourd’hui».
En outre, prenant appui sur les conclusions du Concile Vatican II (1962-1965), le pape a souhaité évoquer «les espaces de collaboration que l’on doit ouvrir toujours davantage aux fidèles laïcs, avec lesquels les prêtres forment l’unique peuple sacerdotal». Il a aussi invité les prêtres à la «communion (…) entre eux et avec leur évêque». Il leur a lancé «une invitation cordiale» à «savoir accueillir le nouveau printemps que l’Esprit suscite de nos jours dans l’Eglise, en particulier grâce aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés».
Rompant avec la tradition instituée par son prédécesseur, Benoît XVI avait choisi, lors de la première Semaine sainte de son pontificat, au printemps 2006, de ne pas publier de ›Lettre aux prêtres pour le Jeudi saint’. Jean-Paul II avait écrit sa première Lettre à l’intention des prêtres dès 1979, puis sans interruption de 1982 à 2005. (apic/imedia/ami/pr)



