Rome: Le pape évoque pour la 1ere fois la contestation de prêtres autrichiens
Benoît XVI prône ›la radicalité de l’obéissance’
Rome, 5 avril 2012 (Apic) Célébrant la messe chrismale au Vatican dans la matinée du Jeudi-Saint 5 avril 2012, Benoît XVI a évoqué pour la première fois explicitement «l’appel à la désobéissance» lancé il y a quelques mois par des prêtres autrichiens. Relevant que ces derniers affirment «être mus par la sollicitude pour l’Eglise», le pape a assuré que le vrai renouvellement de l’Eglise, comme celui constaté après le Concile Vatican II (1962-1965), était marqué par «la radicalité de l’obéissance».
Dans la basilique Saint-Pierre, devant un parterre de quelque 1’600 prêtres, le pape s’est interrogé sur la manière dont «la configuration au Christ» – qui sert et donne – à laquelle chaque prêtre est appelé doit se réaliser dans la situation souvent dramatique de l’Eglise d’aujourd’hui. Le pape a alors déploré que, «récemment, un groupe de prêtres dans un pays européen ait publié un appel à la désobéissance, donnant en même temps aussi des exemples concrets sur la manière dont peut s’exprimer cette désobéissance, qui devrait ignorer même des décisions définitives du magistère».
Au cours de l’été 2011, plus de 300 prêtres autrichiens ont signé un «appel à la désobéissance» vis-à-vis de Rome, répercuté par d’autres prêtres en Europe les mois suivants. Ils y déploraient en particulier l’impossibilité pour les personnes divorcées et remariées d’accéder au sacrement de la communion, mais prônaient également le mariage des prêtres, un engagement plus large des laïcs dans la liturgie, ou encore l’ordination sacerdotale des femmes. Concernant précisément la question de l’ordination des femmes, le pape a rappelé que Jean-Paul II avait «déclaré de manière irrévocable que l’Eglise, à cet égard, n’avait reçu aucune autorisation de la part du Seigneur».
«Nous voulons croire les auteurs de cet appel, a poursuivi Benoît XVI, quand ils affirment être mus par la sollicitude pour l’Eglise; être convaincus qu’on doit affronter la lenteur des institutions par des moyens drastiques pour ouvrir des chemins nouveaux – pour ramener l’Eglise à la hauteur d’aujourd’hui. Mais la désobéissance est-elle vraiment un chemin ?», a-t-il immédiatement ajouté.
La radicalité de l’obéissance
Aux yeux de Benoît XVI, l’obéissance à laquelle est appelé le prêtre, à l’image de celle du Christ ayant accepté la Croix, ne signifie pas défendre, comme on pourrait le croire, «l’immobilisme, le durcissement de la tradition». En analysant l’histoire de l’Eglise après le Concile Vatican II, on peut «reconnaître la dynamique du vrai renouvellement, qui a souvent pris des formes inattendues dans des mouvements pleins de vie et qui rend presque tangibles la vivacité inépuisable de la sainte Eglise, la présence et l’action efficace du Saint Esprit».
«Et si nous regardons les personnes, a ajouté le pape, dont sont nés et naissent ces fleuves frais de vie, nous voyons aussi que pour une nouvelle fécondité il est nécessaire d’être remplis de la joie de la foi». «La radicalité de l’obéissance, la dynamique de l’espérance et la force de l’amour» sont elles aussi nécessaires.
Une foule de saints prêtres
Dans son homélie, Benoît XVI a cité en exemple «la grande foule de saints prêtres qui nous précèdent pour nous indiquer la route», depuis Polycarpe de Smyrne (Ier-IIe siècles) jusqu’à Jean-Paul II. Le pape a en outre appelé le clergé à faire preuve de «zèle pour les âmes». «Les personnes, a-t-il ajouté, ne doivent jamais avoir la sensation que nous accomplissons consciencieusement notre horaire de travail, mais qu’avant et après nous nous appartenons seulement à nous-mêmes».
Enfin, une fois de plus, Benoît XVI a évoqué l’»analphabétisme religieux qui se répand dans notre société si intelligente». «Les éléments fondamentaux de la foi, que dans le passé chaque enfant connaissait, sont toujours moins connus», a-t-il regretté. Afin de transmettre au mieux les Ecritures saintes, il a alors prôné un recours à «la parole de l’Eglise enseignante» : les textes du Concile Vatican II et le Catéchisme de l’Eglise catholique.
Après l’homélie, conformément à la tradition de la messe chrismale, les prêtres ont renouvelé leurs promesses sacerdotales, puis le pape a béni les huiles destinées aux sacrements : l’huile des catéchumènes et celle des malades, et enfin le saint chrême. Dans l’après-midi, à 17h30, Benoît XVI présidera la messe de la Cène, première célébration du Triduum pascal, dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome. (apic/imedia/cp/mp)



