Rome: Lien évident entre la crise de la foi et la crise profonde du mariage, affirme le pape

Benoît XVI relève l’importance du Concile Vatican II

Rome, 7 octobre 2912 (Apic) Durant la messe d’ouverture du Synode pour la nouvelle évangélisation, dimanche 7 octobre 2012, Benoît XVI s’est penché en particulier sur le lien évident entre la crise de la foi et la crise profonde du mariage. Le pape a également relevé l’importance du Concile Vatican II.

Evoquant «la douloureuse réalité de beaucoup de mariages qui malheureusement finissent mal», le pape a affirmé l’existence d’une «correspondance évidente entre la crise de la foi», contre laquelle le Synode devra permettre de lutter, «et la crise du mariage». Depuis le parvis de la place Saint-Pierre, au Vatican, le pape a en outre estimé que le Concile Vatican II, ouvert il y a 50 ans, était l’»expression la plus universelle et l’impulsion la plus autorisée» du dynamisme spirituel et pastoral au 20e siècle. Benoît XVI a également proclamé deux nouveaux docteurs de l’Eglise.

Crise du mariage dans les régions d’ancienne évangélisation

Dans son homélie, Benoît XVI a ainsi commenté la parole du jour, consacrée au mariage, qui est «en lui-même un Evangile, une Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui, particulièrement pour le monde déchristianisé». «Malheureusement, a regretté le pape, pour diverses raisons, le mariage traverse une crise profonde justement dans les régions d’ancienne évangélisation».

Rappelant que «le mariage, comme union d’amour fidèle et indissoluble, se fonde sur la grâce qui vient de Dieu, Un et Trine, qui, dans le Christ, nous a aimés d’un amour fidèle jusqu’à la croix», le pape a affirmé qu’»aujourd’hui, nous sommes en mesure de saisir toute la vérité de cette affirmation, en contraste avec la douloureuse réalité de beaucoup de mariages qui malheureusement finissent mal».

Le pape a alors affirmé qu’il y a une correspondance évidente entre la crise de la foi et la crise du mariage. Dès lors, a rappelé le souverain pontife, le mariage est appelé à être non seulement objet, mais sujet de la nouvelle évangélisation. Il s’est alors félicité de l’action menée en ce sens par les communautés et les mouvements mais aussi dans le tissu des diocèses et des paroisses.

Dynamisme de l’évangélisation

Benoît XVI a bien sûr consacré une grande partie de son homélie à la nouvelle évangélisation. «A des périodes historiques déterminées, la divine Providence a suscité un dynamisme renouvelé de l’activité évangélisatrice de l’Eglise». Et d’ajouter que «dans notre temps, l’Esprit Saint a aussi suscité dans l’Eglise un nouvel élan pour annoncer la Bonne Nouvelle, un dynamisme spirituel et pastoral qui a trouvé son expression la plus universelle et son impulsion la plus autorisée dans le Concile Vatican II».

Aux yeux du pape, ce nouveau dynamisme de l’évangélisation est bénéfique aux deux «branches» qui se développent à partir d’elle, la mission «ad gentes» et la nouvelle évangélisation. L’Assemblée synodale qui s’ouvre ce dimanche est consacrée à cette nouvelle évangélisation, a ensuite expliqué le souverain pontife, pour favoriser, chez les personnes qui, tout en étant baptisées, se sont éloignées de l’Eglise, «une nouvelle rencontre avec le Seigneur, qui seul remplit l’existence de sens profond et de paix». Le Synode visera aussi à favoriser la redécouverte de la foi, «source de grâce qui apporte la joie et l’espérance dans la vie personnelle, familiale et sociale».

Deux nouveaux docteurs de l’Eglise

Juste avant de présider la messe, après une brève allocution du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, Benoît XVI a solennellement proclamé deux nouveaux docteurs de l’Eglise. Il s’agit de la religieuse et compositrice allemande du Moyen Age sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179), et du prédicateur et mystique espagnol saint Jean d’Avila (v.1500-1569).

Comme le veut la tradition, de grandes tapisseries représentant ces derniers étaient suspendues aux balustrades de la basilique Saint-Pierre depuis plusieurs heures. Le nombre de docteurs de l’Eglise s’élève désormais à 35, dont 4 femmes. Sainte Hildegarde est en effet la quatrième femme à être proclamée docteur de l’Eglise, après sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de Lisieux.

Sainte Hildegarde, quatrième femme à être proclamée docteur de l’Eglise

Benoît XVI, qui devra affronter un mois d’octobre encore chargé, était visiblement fatigué, contraint à descendre des marches sans porter son bâton pastoral. Durant la messe, une cinquantaine de cardinaux étaient présents, ainsi que des représentants des Eglises catholiques d’Orient et d’autres membres du clergé qui participent à la XIIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques.

Les principaux acteurs du Synode figuraient parmi les concélébrants. On notait ainsi la présence des 3 présidents délégués, les cardinaux John Tong Hon, Robles Ortega et Monsengwo Pasinya, du rapporteur, le cardinal Donald Wuerl, du secrétaire général, Mgr Nikola Eterovic, et du secrétaire spécial Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier. Du fait de la proclamation des deux nouveaux docteurs de l’Eglise, étaient également présents l’archevêque de Madrid, le cardinal Antonio Rouco Varela, et l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, Mgr Robert Zollitsch. Ceux-ci sont respectivement présidents des Conférences épiscopales espagnole et allemande. (apic/imedia/cp/be)

7 octobre 2012 | 11:31
par webmaster@kath.ch
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