Rome: Le nouvel ambassadeur de l’Allemagne reçu en audience par le pape
Benoît XVI s’inquiète des lois qui dévalorisent le mariage chrétien
Rome, 13 septembre 2010 (Apic) Le pape s’est inquiété des lois qui dévalorisent le mariage chrétien, en recevant lundi en audience le nouvel ’ambassadeur d’Allemagne.
Benoît XVI a fait part de l’inquiétude de l’Eglise devant une législation allemande favorable aux «modèles alternatifs» de couple et de famille qui dévalorisent «le concept chrétien de mariage». A Castel Gandolfo, dans un message remis à Walter Jürgen Schmid, le pape a aussi particulièrement mis en garde contre une plus grande permissivité en matière d’euthanasie ou de diagnostic prénatal.
«L’Eglise voit (…) avec préoccupation la tentative croissante d’éliminer de la conscience de la société le concept chrétien de mariage et de famille», a ainsi clairement affirmé le pape devant le diplomate allemand avant de rappeler que le mariage était «une union d’amour durable entre un homme et une femme, qui tend aussi toujours vers la transmission de la vie».
Et le pape d’insister en affirmant que «l’Eglise ne peut approuver les initiatives législatives qui impliquent une réévaluation des modèles alternatifs de la vie de couple et de la famille». Ces lois, a-t-il soutenu, «contribuent à l’affaiblissement du principe du droit naturel et, de la sorte, à la relativisation de toute la législation mais aussi de la confusion concernant les valeurs dans la société».
La Cour constitutionnelle allemande a affirmé mi-août que les couples homosexuels devaient bénéficier des mêmes droits en matière d’imposition sur les successions que les couples hétérosexuels. Depuis 2001, l’Allemagne offre aux homosexuels la possibilité de contracter des ›partenariats domestiques’, du type du PACS français. En outre, depuis 2009, les chrétiens allemands peuvent se marier à l’Eglise sans être auparavant passés devant le maire, mais ce mariage n’est pas reconnu par l’Etat. Paradoxalement, cette décision a été vue par l’Eglise catholique comme une tentative d’instaurer un fossé entre les deux formes de mariage.
Médecine et médias
Parmi les «principes de la foi chrétienne» liés «au droit naturel», Benoît XVI a aussi évoqué devant le diplomate allemand celui selon lequel «la personne humaine doit être protégée dans les situations de faiblesse». Dans une allusion évidente à l’euthanasie passive autorisée en Allemagne depuis peu et au diagnostic prénatal, le pape a jugé que l’on ne pouvait refuser les développements de la biotechnologie et de la médecine, tout en appelant à être «très vigilants». «Si on commence à faire la distinction – et cela arrive souvent dès le sein maternel – entre une vie digne et une vie indigne d’être vécue, aucune autre phase de la vie ne sera épargnée, encore moins la vieillesse et l’infirmité».
Benoît XVI, en outre, a souligné que «la construction d’une société humaine» exigeait «fidélité à la vérité», notant que «les médias publics» allemands, forts d’une «concurrence toujours plus importante», «se sentent poussés à susciter la plus grande attention possible», «y compris si cela est au détriment de la véracité du récit». «Ceci devient particulièrement problématique, a précisé le pape, lorsque des personnages importants prennent publiquement position sur ces sujets sans être en mesure d’en vérifier tous les aspects de façon adéquate». A plusieurs reprises, lors de la levée de l’excommunication de Mgr Richard Williamson ou de la révélation de scandales pédophiles au sein du clergé, le Vatican et le pape avaient fait les frais de jugements exprimés par la classe p olitique allemande, entre autres, sur la base d’informations parues dans la presse.
Enfin, le pape allemand n’a pas manqué de parler de «la période sombre de la terreur nazie» en évoquant les prochaines béatifications – en 2010 et 2011 – de «prêtres martyrs du temps du régime nazi».
Né en novembre 1946, Walter Jürgen Schmid a suivi des études de droit avant de commencer une carrière diplomatique en 1976. Depuis 2005, il était ambassadeur d’Allemagne à Moscou (Russie). Auprès du Saint-Siège, Walter Jürgen Schmid succède à Hans-Henning Horstmann, en poste depuis septembre 2006. (apic/imedia/ami/cp/pr)



