Benoît XVI y restera environ deux mois

Castel Gandolfo: Le palais pontifical accueille son premier «pape émérite»

Rome, 28 février 2013 (Apic) «Pape émérite», Benoît XVI va commencer sa retraite inédite dans le palais pontifical de Castel Gandolfo, à quelques kilomètres au Sud-Est de Rome. C’est là qu’il a passé, sept années de suite, une bonne partie de ses vacances d’été. A compter du 28 février 2013 au soir, et pour deux mois environ, il va y résider en attendant de pouvoir s’installer avec ses proches au monastère Mater Ecclesiae, au cœur des Jardins du Vatican.

Benoît XVI est parti à Castel Gandolfo accompagné de ses deux secrétaires particuliers et des quatre laïques consacrées du mouvement «Communion et Libération» qui partageaient déjà son quotidien. Il va vivre en mars et avril dans les appartements qu’il occupait d’ordinaire l’été au sein de ce palais perché au-dessus du lac volcanique d’Albano. Il ne bénéficiera cependant pas de la protection des hommes de la Garde suisse pontificale. A 400 mètres d’altitude et sur 55 hectares, la villa pontificale de Castel Gandolfo, qui a vu mourir plusieurs papes, accueille pour la première fois un pontife émérite.

Des origines impériales

Le domaine de Castel Gandolfo repose sur les restes d’une des plus célèbres villas de l’Antiquité : l’Albanum Domitianum, qui fut la propriété de l’empereur romain Domitien (51-96). Au fil des ans, la villa, abandonnée par les successeurs de l’empereur, s’est lentement dégradée.

Il faut attendre le Moyen Age et l’édification de villages fortifiés autour du lac d’Albano – les ’Castelli’ – pour que le domaine retrouve ses lettres de noblesse. Ainsi, vers 1’200, la famille Gandolfi fait édifier un château sur le domaine qui prend alors le nom de ’Castel Gandolfo’. En 1596, sous le pontificat de Clément VIII (1592-1605), la Chambre apostolique, en charge du patrimoine pontifical, rachète la forteresse pour la somme de 24’000 écus. En 1604, le pape intègre par décret la bourgade et ses terres aux domaines temporels du Saint-Siège.

Urbain VIII (1623-1644) confie à l’architecte Carlo Maderno (1556-1629) le soin de réaliser une vague de travaux dans la Villa. Le Bernin (1598-1680) participe également au chantier. Urbain VIII préfère toutefois séjourner à la villa Barberini voisine, le palais familial.

Le premier pape à séjourner à Castel Gandolfo est Alexandre VII (1655-1667). Il poursuit la restauration de la forteresse, qui reste ensuite longtemps inhabitée. Il faut attendre le pontificat de Benoît XIV (1740-1758) pour voir un pape résider à nouveau à Castel Gandolfo. Il ordonne la poursuite des travaux d’agrandissement et d’embellissement de la villa et fait construire en 1749 le balcon des bénédictions. Clément XIV (1769-1774) poursuit les travaux et acquiert, en 1773, la Villa Cybo, ce qui permet d’agrandir les jardins pontificaux.

Durant l’occupation française, au début du 19e siècle, les troupes napoléoniennes pillent et saccagent la région, obligeant Pie VII (1800-1823) à restaurer le palais. Grégoire XVI (1831-1846) continue les travaux entrepris et devient un grand habitué des séjours à Castel Gandolfo. Pie IX (1846-1878) est le dernier pape à y résider avant le 20e siècle. En effet, l’annexion de Rome au Royaume d’Italie, en 1870, marque la fin de l’Etat pontifical et Castel Gandolfo est déserté pendant une longue période. Il faut attendre les Accords du Latran entre le Saint-Siège et l’Italie, le 11 février 1929, pour que le palais de Castel Gandolfo soit reconnu comme propriété exclusive du Saint-Siège.

C’est également sous le pontificat de Pie XI (1922-1939) que la propriété s’étend, avec l’acquisition de la villa Barberini. Le pape lance d’importants travaux de restructuration sur l’ensemble des trois sites réunis qui composent désormais la résidence pontificale et décide de la construction de l’Observatoire astronomique du Vatican dans les années 1930.

Le domaine est inscrit, comme tous les biens extraterritoriaux du Saint-Siège, sur la liste du patrimoine culturel mondial.

Une Villa occupée toute l’année

Le domaine de Castel Gandolfo n’est pas seulement la résidence d’été des papes. 25 hectares de la propriété sont destinés à l’exploitation agricole et permettent d’approvisionner le Vatican en lait et primeurs.

L’entretien des jardins et des cultures agricoles, ainsi que l’élevage du bétail, incombent à la Direction des Villas pontificales. Une cinquantaine de personnes, emmenées depuis 1986 par Saverio Petrillo, assurent en outre tous les services relatifs aux séjours du pape à Castel Gandolfo.

Durant les derniers pontificats, Castel Gandolfo a été le théâtre d’épisodes intimement liés à la personnalité des papes successifs. Ainsi, selon Saverio Petrillo, Jean XXIII (1958-1963) avait coutume de sortir incognito du domaine, Jean Paul II (1978-2005) aimait aller à la rencontre des jeunes du village et Benoît XVI prenait plaisir à jouer du piano.

Dans son histoire récente, Castel Gandolfo a aussi vu s’éteindre des souverains pontifes. A l’aube du 9 août 1958, Pie XII (1939-1958) fut le premier pape de l’histoire à mourir en cette résidence. 20 ans plus tard, le dimanche 6 août 1978, un accès de fièvre empêcha Paul VI (1963-1978) de paraître au balcon du palais pour la prière de l’Angélus. Il mourut le soir même. (apic/imedia/ami/rz)

28 février 2013 | 18:01
par webmaster@kath.ch
Partagez!