Je viens de Fribourg en Brisgau en Allemagne où il y avait un Congrès à
Berne,
fait une grande discussion sur le thème du brésil. Aujourd’hui je suis à
Berne parce que ici il y a un groupe qui nous appuie dans mon ministère
auprès des enfants de la rue à Petropolis.
APIC: Comment réagissez-vous à la démission de Mgr Jean-Georges Vogel?
La démission de l’évêque de Bâle, rouvre bien sûr la question du célibat
des prêtres dans l’Eglise catholique, mais elle met d’abord en question les
structures du pouvoir dans l’Eglise, dans laquelle le célibat a une
fonction de renforcer les mécanismes de centralisation, de gouvernement et
d’obéissance. Il y a aujourd’hui une demande universelle. L’Eglise doit-elle continuer de fermer cette question ou a-t-elle a le courage d’accueillir
la discussion sur le célibat obligatoire ? A-t-elle le courage d’ouvrir de
nouvelles perspectives, du moment que tout le monde accepte que le célibat
ecclésiatique n’est pas un dogme de foi, mais fondé sur des contingences
historiques qui peuvent changer? L’Eglise, à mes yeux, doit trouver une autre manière de traiter cette question, sans trahir bien sûr la substance du
projet chrétien.
Récolter des signatures pour l’abolition du célibat des prêtres, n’a pas
beaucoup de sens, car l’Eglise catholique a pris position et considère le
célibat comme le «statut historico-sacramentel» du clergé. Mais il est par
contre important de discuter la fonction de l’amour entre un homme et une
femme, de la paternité, de la maternité dans les structures de l’Eglise.
Parce qu’il existe un machisme clérical, une peur des femmes et de la sexualité dans l’Eglise. Et cela doit être discuté, car le statu-quo déshumanise notre Eglise, faisant d’elle une institution antipathique. Entrons
dans la discussion pour que l’Eglise découvre tout ce qui est arbitraire
dans sa position actuelle, et pour permettre que des prêtres et des évêques
mariés puissent animer leurs communautés pastorales. L’amour humain ne doit
pas être considéré être un obstacle pour recevoir le sacerdoce du Christ.
Quel type d’Eglise nous rend malades. Il existe une Eglise des martyrs
d’Amérique latine, d’Afrique et de partout, l’Eglise des communautés de
base ouvertes, sensibles et pleines de tendresse. Une autre Eglise de
marbre, patriarchale, qui a peur des femmes et qui n’ouvre pas le
dialogue. Donc il est important que notre discussion que nous soyons
attentifs à l’intégration du féminin dans l’Eglise. Le féminin cette
dimension du profond, la sensibilité pour les mystères de la vie et les
choses. Et la religion est liée à cette sensibilité. D’ailleurs Jésus a
démontré une attitude ouverte envers les femmes. Dans cette lumière
l’Eglise peut grandir et se rendre plus humaine et chrétienne.



