En Suisse, le ciment social s’effrite et les inégalités augmentent

Berne: 300 personnes attendues au Forum Caritas 2008

Lucerne, 8 janvier 2008 (Apic) Berne: 300 personnes attendues au Forum Caritas 2008. Tel est le constat de l’oeuvre d’entraide catholique Caritas Suisse à Lucerne. En effet, l’image d’une Suisse idéale a du plomb dans l’aile: un tiers des contribuables ne possèdent pas de fortune. En revanche, 0,14% d’entre eux détiennent plus du 20% de l’ensemble de la fortune privée.

La Suisse souffre plus que jamais d’inégalités, relève Caritas Suisse. Qui se demande quel espace reste-t-il à la solidarité et quelles forces le monde politique doit-il activer pour que la société ne se scinde pas en deux. Quelque 300 personnes, représentants du secteur social et du monde politique, participeront le 17 janvier au Kultur-Casino de Berne à la rencontre Forum Caritas 2008 animée par divers spécialistes de ces questions.

Les riches sont-ils combien de fois plus riches que les pauvres? Ces inégalités augmentent-elles ? Les sociologues économiques Hans-Peter Stamm et Markus Lamprecht, spécialistes de la problématique des inégalités en Suisse, vont tenter de répondre à ces questions au Forum Caritas.

Aux milieux politiques d’agir

Le thème principal de la matinée portera sur les causes qui créent ces inégalités sociales. Une bonne place dans la société passe forcément par la formation. Et c’est déjà à ce moment-là que les chances de départ ne sont pas les mêmes pour tous les enfants.

Huguette McCluskey, responsable du programme de recherche PISA, montre où résident les inégalités à l’école primaire. Les personnes pas suffisamment formées ont de grandes difficultés à trouver un emploi et à gagner un revenu leur garantissant une existence décente.

Les inégalités sur le marché du travail font l’objet de l’exposé de l’économiste Yves Flückiger, qui enseigne l’économie politique à l’Université de Genève. Un revenu faible et irrégulier se répercute sur les rentes de vieillesse, note Valérie Hugentobler, de l’Institut universitaire «Age et générations» (INAG) à Sion. Elle analysera cet état de fait de même que les inégalités entre les générations et au sein des générations.

Comment réagit la société face à toutes ces inégalités ? L’écrivain zurichois Adolf Muschg montre où les signes de solidarité dans la population deviennent visibles et où il faut impérativement développer cette solidarité. Il suggère enfin quels sont les devoirs des milieux politiques. La discussion finale reprendra ses suggestions. Des représentants éminents des principaux partis nationaux – Christophe Darbellay (parti démocrate-chrétien), Thérèse Frösch (parti des verts), Hans-Jörg Fehr (parti socialiste) et Gabi Huber (parti radical) – discuteront sur le thème «Ce qui soude la société» et comment la politique peut promouvoir la solidarité dans la société. L’Union démocratique du centre (UDC) a été également invitée, mais n’a encore délégué aucun représentant. Cf. www.caritas.ch (apic/com/be)

8 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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