Berne: Alliance Sud marque la «journée mondiale de l’eau» par un séminaire

«L’eau n’est pas du coca-cola»

Berne, 21 mars 2007 (Apic) Le 22 mars marque traditionnellement la «journée mondiale de l’eau», rappelle Alliance Sud dans un communiqué signé Sergio Ferrari. Lors d’un séminaire tenu mi-mars à Berne, cette plateforme, qui réunit six ONG suisses actives sur le terrain du développement, s’est penchée sur les questions de la privatisation de l’eau et de la nécessité d’une convention internationale.

«L’eau n’est pas du coca-cola», a lancé lors de cette rencontre la militante canadienne Maude Barlow, présidente du «Conseil des Canadiens», co-fondatrice du «Projet Planète Bleue» et titulaire du Prix Nobel alternatif (décerné pour son engagement écologique). Les participants au séminaire ont souligné que l’eau n’était pas un bien de consommation comme les autres. D’ailleurs, dans son rapport 2006, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a demandé aux gouvernements de reconnaître l’accès à l’eau comme un droit humain et de fournir à leurs concitoyens de l’eau potable pour éviter les maladies. De son côté, le 27 novembre 2006, le Conseil des droits humains a chargé le haut commissariat des Nations Unies de mettre en chantier une étude qui devrait être présentée avant septembre 2007 sur «L’accès équitable à l’eau potable selon les lois internationales des droits humains».

Mais l’accès à l’eau potable reste un immense défi. Rosemarie Bär, responsable de la politique du développement à Alliance Sud et animatrice du séminaire de Berne, a relevé la nécessité d’une convention internationale sur ce thème. Même si cette convention ne résoudrait pas tous les problèmes d’un coup de baguette magique, elle définirait un nouveau cadre institutionnel planétaire, en considérant le droit à l’eau comme un droit humain fondamental (contraignant sur le plan juridique) et en protégeant les réserves et leur caractère de bien public de l’humanité.

L’eau, champ de lutte en Amérique latine

«L’eau représente l’un des principaux champs de lutte dans une Amérique latine, indignée par le processus de privatisation croissante appliquée sur toute la planète», a souligné le juriste mexicain Rodrigo Gutiérrez Rivas, qui revendique aussi la valeur d’un traité international. «Ce sont des aspects différents d’une même stratégie», a déclaré ce jeune chercheur de l’Université nationale autonome de México (UNAM), par ailleurs membre de la «Coalition des organisations mexicaines pour le droit à l’eau» (COMDA).

Gutiérrez Rivas a cité les combats contre la privatisation menée en Bolivie et en Argentine, la mobilisation pour faire reconnaître le droit à l’eau comme un droit constitutionnel en Uruguay, et la participation croissante du Mexique à ce mouvement. Et l’expérience ne cesse de nous enrichir, affirme le militant mexicain. Dernier épisode en date: la lutte menée par les habitants de La Perota (Etat de Guerrero), près d’Acapulco, contre un barrage qui inonderait 7’000 hectares. «C’est un combat emblématique», poursuit-il, parce qu’il est mené par des paysans menacés d’être délogés. (apic/com/sf/bb)

21 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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