Les autres religions ont le droit d’être publiquement présentes
Berne: Appel des Eglises nationales à la liberté religieuse et au dialogue interreligieux
Berne, 8 décembre 2006 (Apic) Certes, des chrétiens sont persécutés dans des pays musulmans ou n’ont pas le droit de pratiquer ouvertement leur religion. Mais cela ne justifie en aucun cas de restreindre la liberté des autres religions dans notre pays. C’est ce qu’affirment les trois Eglises chrétiennes de Suisse dans un message à lire dimanche dans les lieux de culte.
Le 10 décembre est célébré partout dans le monde la journée internationale des droits humains. A cette occasion, les responsables des Eglises réformées, catholique romaine et catholique chrétienne de Suisse ont signé un appel commun intitulé «Liberté religieuse et dialogue interreligieux» qui sera lu dans les lieux de culte.
«La référence à la liberté religieuse telle qu’elle est consignée dans la Déclaration des droits de l’homme de l’ONU, accorde à toute personne le droit inaliénable de vivre ses convictions religieuses», soutiennent les Eglises, après avoir rappelé, exemples à l’appui, que la coexistence peut devenir difficile dans la vie quotidienne, «qu’il s’agisse de symboles religieux publics, du port d’un foulard en classe ou encore de la participation au cours de natation obligatoire».
Les Eglises nationales reconnaissent dans leur message «le droit aux autres religions d’être publiquement présentes dans la société». «Dans de nombreuses régions du monde – et même en Europe – des chrétiennes et des chrétiens sont exposés à des discriminations graves et à des persécutions», «dans des sociétés musulmanes conservatrices des personnes se convertissant au christianisme sont menacées de violences et de mort», déplorent les signataires de l’appel.
Pas d’alternative à la liberté religieuse
Mais si ces violations humaines provoquent chez certains «une opinion critique sur l’engagement des Eglises en faveur de la liberté religieuse en Suisse», la réponse des Eglises est claire: «Il n’y a aucune alternative, du point de vue chrétien, à la validité inconditionnelle des droits humains et donc du droit à la liberté religieuse dans le monde entier. L’engagement en faveur des frères et soeurs discriminés et menacés dans d’autres pays et en faveur de tous ceux qui sont persécutés en raison de leur foi sera nécessairement jugé à l’aune de notre comportement dans notre propre pays: savons nous et voulons nous reconnaître des personnes d’une autre religion et vivre avec elles respectueusement? On ne saura mettre une quelconque symétrie de l’injustice, car le non respect de la dignité inaliénable de l’être humain dans un point précis du globe ne justifiera jamais une injustice équivalente ailleurs».
«La liberté religieuse est un préalable absolu pour toute société fondée sur le respect de la dignité humaine», ajoutent les trois Eglises chrétiennes. «La protection et la garantie de la liberté de conscience et de la liberté religieuse forment le soubassement qui seul permettra la coexistence pacifique des religions».
Le message est signé par le pasteur Thomas Wipf, président du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse, Mgr Fritz-René Müller, évêque de l’Eglise catholique chrétienne de Suisse, et Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses. (apic/com/bb)



