Le Conseil synodal Berne Jura rejette les accusations de l’UDC

Berne: asile dans les églises pour les Albanais du Kosovo (061093)

Berne, 6octobre(APIC) Le Conseil synodal de l’Union réformée évangélique

Berne-Jura rejette comme dénuées de tout fondement les accusations de

l’Union démocratique du centre (UDC) du canton de Berne à propos de la protection accordée aux requérants d’asile albanais du Kosovo. L’UDC reproche

aux Eglises de vouloir contourner des décisions exécutoires et de prétendre

évoluer hors des règles du droit.

Si notre Etat de droit est remis en cause, ce n’est certainement pas

parce que des hommes et des femmes s’engagent de manière désintéressée pour

des personnes menacées physiquement et psychiquement, remarque le Conseil

synodal dans un communiqué diffusé mercredi. L’Eglise catholique s’associe

aux affirmations du Conseil synodal, a assuré pour sa part à l’APIC Urs

Rehmann assistant pastoral et coordinateur de l’action pour le décanat de

Berne-Ville.

Plus d’une centaine Albanais du Kosovo dont le renvoi dans leur pays a

été fixé au 15 septembre pour certains et au 30 du même mois pour les autres, ont trouvé asile dans une vingtaine de communautés protestantes et

catholiques bernoises. En cas de danger ces personnes seront conduites dans

les églises afin de les protéger de l’assaut de la police. «Nous ne sommes

pas pour la confrontation», avait assuré il y a quelques jours Franziscka

Bangerter-Lind, membre de l’Office pour les migrants de l’Eglise évangélique réformée Berne-Jura. «Mais nous allons vers une résistance renforcée

contre la pratique actuelle de l’asile».

Les Eglises et leurs oeuvres d’entraide font simplement usage de leur

droit de tirer d’autres conclusions que les autorités fédérales. Selon le

point de vue des Eglises, il ne serait actuellement pas responsable d’expulser les Albanais du Kosovo. Persuadées de cela, des personnes engagées

dans l’Eglise suivent leur conscience et cherchent à protéger les requérants d’asile en danger aussi longtemps qu’il est possible de le faire dans

notre Etat de droit.

Le Conseil synodal espère toujours qu’à travers les négociations on arrivera au moins à un ajournement des renvois. Il maintient son point de vue

selon lequel chaque paroisse doit décider elle-même si elle veut s’engager

ou non. Le Conseil synodal soutient les communautés et les personnes qui

suivant leur conscience participent à cette action de protection, conclut

le communiqué. (apic/com/mp)

6 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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